L’hyperlaxie, avantages et faiblesses physiques

Hyperlaxie - Patrick Millan

L’hyperlaxie est une caractéristique physique génétique, donc plus ou moins héréditaire car pouvant sauter une ou plusieurs générations et/ou se manifester chez une personne par le simple fait de « croisements » d’allèles maternels et paternels, plus rarement suite à une ou plusieurs mutations.

Les hyperlaxes sont en très grande majorité comme nous toutes et tous.
Leurs besoins primaires ou vitaux sont les mêmes : respirer, boire, manger, éliminer, se protéger du froid et de la chaleur, être en sécurité, dormir.
Cependant, leurs articulations sont, par définition, extrêmement souples sur tout ou partie du corps.

Ne soufrez pas pour la main en illustration de cette page, son « propriétaire » ne ressent rien.

Lorsque la mode des Cirques, en particulier itinérants, était à son apogée, ces hyperlaxes effectuaient des représentations de contorsionnisme ou de magie.

Ah ! Le tour de la grande évasion d’une caisse scellée à double tour, les mains menottées …

Au passage, respect pour ces gens du voyage qui nous émerveillent encore par leur mérite et nous font rêver comme si nous étions toujours en enfance.

 

Les avantages de cette particularité sont relatifs.

  • La torsion des chevilles doit être importante pour que la douleur se fasse ressentir, de même pour les épaules et bien évidemment les mains.
  • Les arrachements ligamentaires sont rares.
  • Les entorses costales sont douloureuses en cas de non retour à l’état initial au niveau du sternum, allant jusqu’à pouvoir « perforer » des alvéoles pulmonaires, provoquant au passage un pneumomédiastin (parfois d’effort, lorsque le gainage graisseux des poumons est mince). Les conséquences sont proches d’un pneumothorax avec une perte significative de la capacité pulmonaire via un rétrécissement du volume respiratoire, nécessitant de drainer, en urgence, l’air ainsi bloquée en enfonçant une seringue sous la peau au niveau des « bulles » (ce que nous appelons l’emphysème).

Mais l’un des principal point faible, le moins connu sûrement, se situe au niveau de la mâchoire.

En cas de stress de forte intensité, l’os de la mandibule peut monter très haut et entrer en contact avec le crâne.

Là où le commun des mortels « serre les dents » face à l’adversité, l’injustice, les agressions, sans grandes conséquences physiques, chez les hyperlaxes introvertis, doux et faiblement agressifs, ce particularisme peut se retourner contre son détenteur ou sa détentrice.

Nous sommes bien en présence d’un problème temporo-mandibulaire en lien avec l’articulation du même nom, mais avec un impact beaucoup plus important que la moyenne en ce qui concernent les symptômes ressentis.

L’effet diapason devient alors extrêmement dangereux pour ses capacités auditives, amplifiant tous sons et murmures.

Vous ne supporteriez pas très longtemps un casque audio avec une intensité poussée au maximum.
Le son vous submergerait et vous agresserait littéralement encore plus que les conditions de stress initiales.
Vous vous en trouveriez sonné, vulnérable à votre environnement.
Parfois même KO durant de longues minutes.
Votre équilibre deviendrait vacillant, l’oreille interne étant mécaniquement impactée, ce qui nécessite l’apprentissage de techniques et l’application d’exercices dits de rééducation vestibulaire.
Vous deviendrez aussi progressivement sourd à chaque contact prolongé des os.
Le temps de récupération peut être important entre chaque « pics ».

 

Vous pensez cette situation temporaire, qu’une simple période de repos suffit à stopper le phénomène ?

Erreur !

 

Plus la période de stress subie est longue, plus la mâchoire reste en position anormalement haute.

En nous basant à nouveau sur les particularités anatomiques de la mâchoire humaine, nous constatons que les muscles de la mandibule sont reliés au crâne via des tendons attachés aux canaux auditifs.

Lorsque celle-ci finit par « tomber », que les effets négatifs de l’agression environnementale cessent sous la protection bienveillante de professionnels, l’équilibre tendon/muscle est soudainement rompu.

Mécaniquement, irrémédiablement, les canaux auditifs et les tympans aux extrémités sont déformés, s’enflamment inexorablement, de plus en plus, avec pour conséquence de vous rendre sensibles aux moindres variations de pressions atmosphériques, aux bruits secs et à certaines fréquences sonores.

Un autre type de crise s’empare de vous.

Durant ces moments, le moindre bruissement vous agresse à nouveau, et vous vous trouvez dans l’incapacité d’émettre le moindre son de votre bouche.

Sentant la douleur s’intensifier en vous, face au danger, le réflexe de fuite est naturel.

Personne ne souhaite humainement subir un tel déchainement atroce.

De même, toutes crispations amplifient ces douleurs sourdes.

Seules les larmes soulagent.

Elles coulent spontanément.

Fermez les yeux et elles vous submergeront de l’intérieur.

Aucun traitement médicamenteux ne peut aider le patient à aller mieux.

Les seuls recours consistent à faire appel aux médecines douces, en premier lieu la rééducation maxillo-faciale et la sophrologie, puis éventuellement l’acupuncture.

  • La rééducation maxillo-faciale consiste à appliquer certaines consignes sur les choix alimentaires, le positionnement du visage (notamment durant le sommeil), et à suivre des séances de massage pour détendre les muscles, ne plus « tirer » sur leurs tendons.
  • La sophrologie nous apprend à atténuer la douleur et à libérer naturellement en nous l’endorphine. La méthode la plus efficace est IRTER (En gros, suspendre périodiquement sa respiration et faire « ttt », « ttt » rapidement avec sa bouche).
  • L’acupuncture « détourne » notre attention de la douleur en nous concentrant sur les aiguilles plantées habilement en nous.

Malheureusement, ces soins ne sont pas remboursés par la sécurité sociale. Il est fortement conseillé de contracter une très bonne mutuelle complémentaire pour se prémunir des risques financiers.

Il est également préférable pour surmonter ces épreuves d’être en condition physique convenable.

 

Courir est le moyen le plus efficace pour évacuer ces souffrances.

 

Les « premiers pas » sont évidemment hésitants, mais à force d’auto-persuasion, l’enchainement des kilomètres est une excellente « thérapie ». Les limites se font malgré tout ressentir, lorsque, dans l’excès inverse, vos ongles de pied noircissent, finissent par tomber, et que l’usure physique dépasse votre potentiel athlétique de base, peu importe le niveau.

 

L’autre désagrément notable, réside dans la méconnaissance de ce phénomène et la difficulté pour les personnes devant poser un diagnostic.

Ne parlons pas du grand public et de certains individus capables de l’assimiler à de la pure science-fiction.

Des cas existent où le délai entre la manifestation initiale, malencontreusement mal interprétée par les soignants observant le patient en détresse, et la confirmation du diagnostic dépasse 10 ans.
Les raisons en sont tristement simples.

Ne percevant pas les sons que le patient est capable d’entendre, l’hallucination est retenue.
Celui-ci étant sonné, quoiqu’un minimum lucide, le délire semble évident.
Devinez l’erreur de diagnostic qui suit et les doutes l’accompagnant.

Une interprétation d’un trouble « psycho-moteur » (ce qui correspond à ce cas) peut s’approcher extérieurement d’un trouble réellement psychiatrique, mais n’en est absolument pas un.

À chacun sa spécialité.

Ce n’est généralement qu’à la seconde manifestation de forte intensité (si celle-ci à lieu) que le mystère peut s’éclaircir par retour d’expériences.
Le patient se retrouve alors à nouveau déclaré officiellement sain d’esprit, même si, véritablement, nous pouvons comprendre qu’il l’a toujours été.

 

Vient aussi toute une batterie d’examens cliniques de confirmation, avec l’aide précieuse de machines « froides » et implacables dans leurs interprétations.

S’attendre à passer:

  • Une longue séance avec la tête dans un scanner pour obtenir une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) du crâne.
  • Des radios de contrôle avec, dans l’idéal, plusieurs clichés montrant l’état de la mâchoire et de la dentition avant et après la période de stress de forte intensité.
  • Des examens ORL avec photos à haute résolution du visage et de toutes ses entrées, depuis l’extérieur et l’intérieur, évitant ainsi toutes confusions possibles avec un éventuel percement des tympans (dont l’apparence et proche en première analyse et hypothèse lorsque du matériel moins précis, plus généraliste, est employé). Mais, surtout, un audiogramme complet, toujours via du matériel de haute Qualité professionnel monitoré par un spécialiste/opérateur expert, sur toutes les gammes de fréquences sonores audibles, le tout accompagné par un compte-rendu écrit et signé de ce spécialiste, détaillant les circonstances des examens subis, assurent la solidité du dossier médical constitué.
  • Une expertise d’occlusodontie fonctionnelle de la dentition/mâchoire réalisée par un spécialiste/expert assermenté.

Les rapports psychiatriques ne sont pertinents qu’en cas de justification du soutien moral des psychologues et autres psychiatres attestant de l’état de « choc » constaté au moment des faits stressants.

Les séquelles peuvent être handicapantes via la manifestation de phénomènes d’acouphène, devant alors être comprise par le patient pour être mieux supportée et maîtrisée.

Un suivi médical global renforcé à base d’examens biologiques sanguins, d’électrocardiogramme (ECG) est aussi mis en place.

Toucher aux oreilles (via le visage) peut étonnamment avoir un impact sur la vue, nécessitant des séances d’orthoptie et contrôles ophtalmiques enchainés.

L’erreur est humaine, nul n’est parfait, la perfection n’existant pas.
N’en tenons pas rigueur aux professionnels de la Santé Mentale, car, au final, être à leur contact est la plus enrichissante des expériences que puisse offrir la vie.
Le respect et l’humilité en découlent, l’assertivité n’en est que renforcée.

 

En conclusion, voici une dernière recommandation à suivre afin d’améliorer la prise en charge par le personnel soignant, et surtout le parcours du patient, dans le cadre non seulement du cas complexe décrit dans cet article, mais en général et normalement pour toutes pathologies:

Activer (si ce n’est déjà fait) et compléter, le service en ligne national Mon Espace Santé.

Ce service est réellement gratuit, fonctionnel, simple d’accès, adapté à vos besoins et sécurisé.

Complétez le, au maximum, au fur et à mesure de vos prises en charge, et exigez des professionnels de Santé qu’ils l’alimentent, ou puissent l’alimenter via leurs logiciels spécifiques.

Il s’agit là du moyen le plus sûr et efficace pour s’assurer de la Qualité de votre parcours patient partout en France (Vous ne serez jamais cantonnés à une région et/ou une ville).

Ce ne sera jamais au dernier moment, lorsque les difficultés surgissent de manière impromptue, que vous pourrez constater qu’il s’agit du meilleur moyen de bénéficier rapidement des meilleurs soins.

Ces circonstances, où tous ces avantages sauvent une vie, ne sont pas un mythe.

Elles sont réelles.

 

Bien à vous.

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