Twist Again

Madame, Monsieur Bonjour !

Autant vous le dire tout de suite, demain ça continue.

En cette période de fort dérèglement climatique, la Météo des Services en entreprise met en évidence encore et toujours un grand n’importe quoi.

Les modèles de prédiction de Météo Entreprise sont complètement déboussolés.
Nous n’avons jamais observé de tels phénomènes sur les 5 dernières années.
Dans ces conditions, inutile d’écouter sérieusement les entrepreno-sceptiques qui tentent de faire croire qu’ils savent ce qui marche, ou pas …
Surtout ce qui marche …
Alors qu’en privé, rien ne va et qu’il ne faut pas culpabiliser si finalement rien ne marche.

Ils auront juste besoin de parler exclusivement oralement.
Ça ne sert à rien de les rappeler.
Même si ils vous le demandent par écrit sur l’outil de chat interne ou via un courriel intimidant ayant pour objectif de clarifier le contexte, voire de le rendre limpide.
De toute façon, si tout allait réellement bien, il n’y aurait aucune objection à la pratique de l’écriture directe des motivations à évoquer …
Sinon le comportement observé ne peut qu’être suspect.

Nous basculons donc dans l’inconnu.

Pour vous faire votre opinion, faisons un rapide tour des services.

  • Les Finances sont en pleine période d’intenses sécheresses.
    À force d’avoir extrait de manière irréfléchie autant de liquide, les réserves sont à sec.
    Entre les petits voyages pour satisfaire les egos, les frais de bouche et les innombrables séminaires aussi divertissants qu’inutiles, une telle gabegie de moyens a fini par faire tache dans un ciel soudainement dégagé sous l’effet de grands vents.
    Le Mistral et la Tramontane sont le flux et le reflux de tous ces excès provoquant de violents remous.
    Si vous n’avez pas le pied marin et craignez le mal de mer, attendez vous à ressentir la nausée.
    La dette climatique se paye au prix fort.
    La climatisation fraichement installée dans tous les locaux n’est de toute façon plus efficace à partir de certaines températures extrêmes.

  • Idem, à la Technique, où la fonte de la calotte glacière a fait disparaitre le bénéfice du phénomène d’albédo.
    Celui-ci faisait jusqu’alors illusion en réfléchissant la Lumière.
    Un autre type de désert est apparu.
    À nu, le sol a laissé place à la toundra marécageuse d’où s’échappent des odeurs insupportables d’œufs pourris caractéristiques d’un gaz naturel de mauvaise qualité.
    Si auparavant rien n’y était de toute manière cultivable, l’importation des denrées étant la règle sans aucun contrôle digne de ce nom, il ne faut pas s’attendre à ce que toute cette surface dégagée devienne exploitable avant de nombreuses années.
    La hot-line subit périodiquement des pics de chaleurs qui submergent les opérateurs téléphoniques sous répondeurs systématiques les Week-ends, jours fériés, durant les ponts et viaducs, les veilles et lendemains de fêtes arrosées ou non, de colloques, de ventes de breloques et autres distributions de goodies ayant pour but d’apaiser les victimes de déshydrations, de coups de chaud en général.
    Ne manquerait plus qu’une pandémie virale pour que des moustiques tigres remontent vers les data-center aux portes et fenêtres non équipées de moustiquaires.
    La libre circulation permise des flux d’air, de mains à mains sans anonymisation véritable des identités, via des disques durs ou clés USB, ne peut que mettre en évidence le non-respect institutionnalisé du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).

  • La Responsabilité de la Sécurité des Systèmes d’Informations est plus qu’engagée.
    Les tickets se sont accumulés en gouttes froides qui, au contact de l’air chaud des courants ascendants, a fait remonter toute la moiteur humide en altitude.
    De violents orages éclatent, et les dossiers finissent par fusionner en gigantesques grêlons.
    La masse critique de ceux-ci provoque des dégâts colossaux lorsqu’en fin de chute, ces « boulets rouges » explosent au sol éjectant fragments en toutes directions, détruisant tout sur un large périmètre autour des cratères d’impact.

  • La communication suit l’ensemble comme un ouragan, la tempête en elle, et agit comme si l’amour avait tout emporté.

    Simplement, ces comportements jusqu’alors observés au Sud en bord de mer, sont maintenant plus au Nord, suivant des courants brassant l’air bruyamment.
    Les éoliennes des parcs se couchent, plongeant soudainement dans le noir de nombreuses agglomérations dépendantes de cette production d’énergie.

  • Enfin, la Direction se trouve en plein cœur de l’œil d’un violent cyclone tropical de catégorie 4 totalement inédit à de telles latitudes.
    Les phénomènes les plus approchants observés au siècle dernier, datent des années 30 début des années 40 en Europe.
    Rappelons au passage que les ouragans sont spécifiques à l’océan atlantique et les typhons de celui pacifique.
    Par ailleurs, les responsables n’ont pas du prendre connaissance de ce type de tempêtes lors de leur dernier voyage d’affaire chez l’oncle Sam.

Bref, la saison des tornades est plus qu’en avance sur le territoire.

Restez prudents et vigilants.

Météo Entreprise vous conseille de vous éloigner au plus vite de l’épicentre des tempêtes dès le moindre coup de tonnerre entendu, et de vous réfugier dans les abris prévus à cet effet.
Des ONG compétentes vous y attendent.
Elles sont véritablement formées pour prendre en charge les réfugiés de catastrophes naturelles.
Des cellules de soutien psychologique sont à votre disposition pour vous apporter toute aide morale et conseils afin de surmonter cette effroyable épreuve qui, nous l’espérons, ne sera pour la majorité que temporaire.

Le numéro vert pour obtenir tout complément d’informations est le 911.

Demain nous fêterons La Sainte-Barbe.

Références : Twister & Twisters

🙏🏽 Stéphanie de Monaco

Ça sent pas la Rose

Référence : Le Nom de la rose

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🙏🏽 Era – Ameno

 

Mes chers collaborateurs, ma chère collaboratrice,

Commençons cette réunion en comité exécutif par la prière habituelle :

Notre entreprise qui est sur-cotée,
Que nos bourses soient sanctifiées,
Que notre business modèle règne sur clientèle et financiers,
Que les fonds privés disparaissent via nos comptes en banques cachés,
Que la parité soit respectée sauf au sein des membres du comité,
Pardonnes-nous les Burnouts de nos employés exploités sous-payés comme nous pardons à ceux que nous avons soudoyés.
Ne nous soumet pas au Code du Travail, car nous ne respectons jamais les démarches Qualité, et préserve nos dessous de tables de sous-traitants généreusement versés.
AAAAAmène.

En ce jour sacré, je tiens à remercier chacun d’entre vous de votre présence.

Merci Frère Pierre ! La bénédiction que vous avez donnée au moment du décès de la pauvre orpheline que nous avions recueillie en CDI au sein de notre entreprise à la suite de ses premiers CDD, était touchante.
D’ailleurs, elle est apparue particulièrement touchée par vos profondes intentions lors de la signature de la rupture conventionnelle en présence d’avocats.

Merci Frère Émile ! Louée soit votre ouïe au moment du rituel des confessions.
Grâce à votre sagacité, vous avez pu guider tant de brebis égarées, en conduisant vos réunions d’équipes vers le couloir menant tout droit à Lumière du jour, et ceci bien au delà de nos murs.

Merci Frère Marc ! Du trou de votre serrure, vous pouvez sagement observer toutes les allées et venues des âmes égarées. Ceci nous permet sans peine de mieux les remettre dans le droit chemin de nos pénétrantes inspirations.

Je ne vous oublie pas Sœur Véronique ! Sans votre suivi, et vos cours, j’aurais eu de grande difficulté à garder sous silence tous les inestimables secrets des divines recettes de plats que nous servons lors de nos banquets annuels. Avec vous, nous avons la certitude que tous nos ingrédients sont sérieusement conservés aux frais.

Si j’ai pris soin de vous réunir en ce jour sacré du Codir de notre sainte entreprise, c’est pour vous faire part de ma profonde inquiétude concernant l’état des finances de notre paroisse.

La rénovation des églises nous a couté un bras.
En particulier nos dépenses liés au frais de déplacement de l’autel que nous ne pouvons définitivement pas sacrifier au nom des économies structurelles que nous imposent ces temps particulièrement difficiles.
Nous avons pu justifier de grandes réussites suite à notre séminaire restreint sur cette île paradisiaque, que nous avait concocté nos ressources humaines. C’était vraiment de toute beauté.

Il est absolument impossible pour nous de remettre en cause tous les avantages que nous a apporté ce pèlerinage transatlantique. Un petit nombre d’entre nous a pu ainsi assister aux cérémonies ancestrales que pratiquent depuis plusieurs générations les prêtres colonialistes pour augmenter artificiellement le nombre de conversions à la religion.

Les banquets que nous octroie la collecte de la dime, ne peuvent également être remis en cause.
Il en va du maintien de notre image et du prestige apporté à notre communauté.
Évoluer sous le regard bienveillant de La Bonne Mère n’a pas de prix.

Je vous informe donc que nous devons dorénavant faire des économies de fonctionnement en coupant drastiquement dans les primes d’objectifs et autres moyens alloués, accordés aux moines et nones soldats.
Nous avons bien veillé à placer des Judas à l’entrée de chacun des dortoirs pour pouvoir rapidement identifier tous fauteurs ou fauteuses de troubles potentiels, et ainsi prévenir toutes tentatives de révoltes.
Nos braves petites mains doivent comprendre que nous devons obligatoirement faire des économies.

Pour le bien de tout ce comité.

J’espère que Frère Thomas, ici présent, a sainement bien pris note de tous les échanges de ce jour en ce lieu béni. Il veillera donc à ce que le rapport officiel soit conforme aux attentes des cardinaux du Saint Siège avant que chacun d’entre nous y appose sa signature via son sceau respectif.
Il n’est pas sot de leurs faire croire ce que nous voulons bien leurs faire voir.

Allééééééeeee pour moi !

 

🙏🏽 Enigma – Return To Innocence

🙏🏽 R.E.M. – Losing My Religion

🙏🏽 Bebe Rexha & Faithless – New Religion

Prédatrices : Badzob

Référence : Predator : Badlands

  • Introduction

Avant toutes tentatives d’interprétation malheureuses et malencontreuses des écrits de cet article, précisons que la déclinaison de ce texte peut très bien se faire au masculin.
Les références seraient toutes aussi graveleuses et affligeantes pour les prétendus hommes évoqués en portraits, suscitant l’indignation légitime de femmes pour qui la locution péjorative de « beau sexe » mettrait celui opposé dans de beaux draps.

Simplement, l’inadmissible n’a pas de genre, car d’adjectif il fait nom, s’adaptant à toutes déclinaisons.

  • Article

Au fin fond de bâtiments obscurs et lugubres, règnes des spécimens d’aliens aux mandibules particulièrement acérées.
Ces mantes religieuses guettent leurs mâles proies avec pour objectif de mieux les dévorer au moment du rituel de l’accouplement.

Elles possèdent chacunes leurs propres, mais sales, caractéristiques, agissant sans préférence aucune, que ce soit en solitaire ou en bande organisée.

Parmi ces espèces particulières, nous pouvons y croiser la prude désespérée.

Elle souhaite avant tout trouver réconfort dans les bras d’un preux chevalier à haute responsabilité.
Il la sauverait du donjon de l’oubli où s’entassent les dossiers critiques.
Il l’emporterait sur sa belle monture, galopant dans les plaines désertes des couloirs vides de fin d’après-midi, ou sur les flashs stroboscopiques d’imposantes photocopieuses.
Elle le recouvrirait d’une cape douce et parfumée qu’elle aurait pris soin de confectionner avec ses innocents petits doigts … après avoir convenablement veillé à ce que le degré élevé d’imperméabilité de cette couverture ne soit absolument plus assuré, quitte à y planter de petits coups d’aiguilles.

L’épopée au septième ciel se termine alors environ 9 mois plus tard, lorsque du ventre surgit la chose tant désirée par la prétendue vierge initialement éplorée.

Après tout, quelle différence.
Entre être aimée et être amante, tout se situe essentiellement au niveau des bourses.

« Faut pas faire un enfant avec les personnes que tu connais pas bien. »

La cougar rode également entre les montants de porte des bureaux.

Pour elle, plus rien à espérer niveau progéniture.
Un petit stagiaire, ou un nouvel arrivant tout frais tout chaud, constitue toujours un festin succulent à se mettre sous les dents … tant qu’elle en a encore.
Le but recherché est donc différent.

Point de promotion ou de rente à espérer, simplement quelques moyens supplémentaires pour faire pression, en provoquant une augmentation plus localisée de celle-ci.
Et puis, comme sa vie se résume en un « mal entendu », il n’y aura jamais de tendre dévoué pour l’attendre le soir au retour sous la couette.
Tout est bon à croquer.

Elle confond gourmandise et épicurisme.
Elle ne savoure pas l’instant présent, le plus longtemps et calmement possible, en cherchant à identifier, un à un, tout arôme, tous dosages de savants mélanges de délicieuses senteurs sucrées ou salées.
Elle dévore goulument son festin sans aucun autre plaisir que d’avaler le tout rapidement à pleine bouchée … sans avoir pu particulièrement développer son sens du goût, y compris vestimentaire.

« Hugo Boss habillait les nazis, le style a son importance. »

Bref, elle n’est qu’apparences sans actions véritables ni harmonie des formes.
Son métier n’est sûrement pas de bouche, en jouant avec sa langue pour en faire délier d’autres.

Son rêve ultime reste d’engloutir, sans laisser de reste, un prestigieux docteur en médecine, spécialiste renommé de préférence, pour qui elle sera amante en toute discrétion conjugale … moyennant avantages conjugaux conjoncturels.
Elle obtiendrait un étage de tour à elle seule avec bureaux privatifs tout confort, accessible par ascenseur, et une équipe à cravacher en son nom.
Une succursale à son image : glaciale, terne, lugubre, dominant un monde à observer et jalouser durant de longues journées.
Plus l’édifice sera élevé, plus les fenêtres grandes ouvertes pourront aspirer vers le bas les cibles de son petit jeu de manipulatrice aigrie.

« Les dauphins sont des violeurs, méfie-toi des apparences. »

Il existe très certainement d’autres espèces animales aussi effrayantes qu’épouvantables, mais elles ont toutes en commun leur agressivité passive.

Dès lors, il n’est vraiment pas de bon ton de leurs résister.
Sous ces conditions, elles se transforment progressivement et sournoisement en bêtes de plus en plus féroces.

Elles sont capables de s’unir pour isoler leur proie, tournant tout autour telles des hyènes évoquant bruyamment par gloussement leur victime à la troisième personne.
Un subalterne n’a pas son mot à dire sous peine de se faire éconduire.
Il doit remuer plus bas que terre ou y être renvoyé avec pertes et fracas sous des quolibets à colporter dans tous les édifices alentours.
D’entretien de fleurs bleues il ne sera point question lorsque leur jardin n’est pas entretenu régulièrement par une main verte.

Guetter un moment de faiblesse pour agir devient le mot d’ordre.

À défaut de séduire, il faudra faire périr.
Dans la terreur, la douleur, à en faire grimper la tension jusqu’à l’extrême pour faire oublier l’affront des refus répétés.
Fermer cette bouche et dans le silence à jamais l’emmurer.

« Si t’es souvent seul avec tes problèmes, c’est parc’que souvent le problème c’est toi. »

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🙏🏽 Orelsan – Basique

Apocalypse Job

Adaptation libre de l’œuvre cinématographique de Francis Ford Coppola datée de 1979, Apocalypse Now.

À lire de préférence avec en fond sonore la bande originale du film.

🙏🏽 The Doors

Journal de bord du capitaine Willard
  • Jour 2

Le commandant Philipps m’a convaincu de m’enrôler volontairement dans cette mission.
Le poste semble intéressant.
Le premier déplacement d’hier était très positif.
À mon arrivée au QG, Johnson m’a bien briefée sur la discipline à suivre au sein du régiment.

Pourtant, en ce deuxième jour, je sens que j’ai mis les pieds dans quelque chose d’étrange.
Les locaux de ma section de rattachement sont vide.
Personne pour m’accueillir.
Pas une âme qui vive à l’horizon dans ce bâtiment en équerre.
Le chauffage est défaillant.
Aucune idée de qui contacter pour effectuer les réparations.
Rien ne s’anime sur le logiciel de discussion interne.
Aucune étoile visible à travers le feuillage.

Le point en visio de fin de journée, programmé avec Philipps, se fait en manteau polaire.

Je n’ose croire que l’entreprise soit à ce point en faute.
Si tôt ?

Clés et passe m’ont été donnés en avance, visiblement à la va-vite, ainsi que mon ordinateur de fonction.
Le lieutenant Kilgore me l’a remis furtivement en main propre, la veille, quand Johnson me faisait faire le tour de la zone 51.
Il est neuf mais déjà cabossé.
Sans être responsable de quoi que ce soit, je vais déjà devoir justifier le caractère défectueux de mon matériel.

  • Jour 4

Hicks, ma future coéquipière désignée, prend l’initiative du premier contact.
Toujours par grand froid, elle apporte rapidement un peu de chaleur et un grand sourire.

Quel dynamisme !
Surprenante et attachante pour une bleue envoyée au front.
L’envie de la côtoyer en dehors des écrans, dans le but de faire avancer nos projets communs, va de soi.

Au sein de la section, Miller a fait son apparition.
Il est sympa et m’apporte de très bons conseils et explications.
Tout comme Colby, drôle et bien intentionnée, elle partage mon bureau … et son ressenti sur sa belle-mère.

Cependant, toujours aucun haut gradé responsable de services en vue.
Y compris pour celui des humains.

Philipps applique consciencieusement les consignes.
Depuis le début, chaque soir, il continue de me fournir, au fur et à mesure et logiquement, tous les détails ayant rapport avec mes objectifs.
Un accompagnement sage, dans le respect le plus strict d’un nouvel arrivant.

  • Semaine 3

Enfin de l’action dans la glacière qui nous sert de bureaux.

Une réunion QVT en présence de plusieurs autres collègues que je découvre avec plaisir, sous le regard bienveillant d’une psychologue du travail.

Dans ce type de circonstances, à chaque fois, le but recherché reste de libérer la parole des participants.
Dans le cas présent, cela se fait à l’aide d’étiquettes symbolisant des émojis.

Pourquoi ma présence est-elle requise ?
Avec si peu de recul, comment puis-je me faire une opinion pertinente ?
Durant ce passage au confessionnal collectif, des noms et des tendances reflétant certains comportements sont évoqués.
Difficile cependant d’y dégager le vrai du faux.

Les formulaires d’enrôlement dans la division armée, que les RH demandent de remplir après quelques jours, étaient aussi vide d’intérêt.
Peut-être est-ce dans le but de rassurer la hiérarchie sur le fait que tout va bien.

Aurais-je du y évoquer mes débuts glaciaux ?
Évitons de se faire refroidir inutilement.

De toute façon, j’en ai parlé au général Corman de la division RH.
Elle m’a confirmée oralement qu’il s’agissait d’un loupé.
Je pense que la direction est un minimum sérieuse, qu’elle tient compte de ses erreurs.

Étrange mon déplacement au régiment d’infanterie 54 où est rattachée Hicks.
Maintenant que je suis physiquement devant elle, son regard est vitreux, parfois perdu.
Ses mains tremblent frénétiquement.
Il se dégage d’elle une tension palpable dont je ne m’explique pas l’origine.
Elle navigue entre les excès d’enthousiasme et les critiques déconvenues.

Je fais connaissance avec le colonel Kurtz.

Pourquoi me prend-il à l’écart dans cette salle de réunion devenue soudainement vide après le départ express des autres conviés ?
Pourquoi me fait-il des confidences sur tous les membres de la garnison ?
Comment peut-il affirmer qu’une telle personne ne comprend rien à rien ?
J’ai à peine eu le temps d’échanger avec son pendant hiérarchique, et je ne peux pas dire, comme il prétend, que ce n’est qu’un commercial.

Et voilà qu’il m’explique que Hicks est une poly-traumatisée du champ de bataille.

Qu’est-ce qui lui fait croire que nous avons eu une si mauvaise première impression ?
Est-il au courant de nos précédents échanges en distanciel ?
En particulier de son accroche formidable, le 4ème jour.

Bref, mon 6ème sens va devoir se mettre en veille.

  • Mois 2

Hicks est de plus en plus désemparée.
Philipps en a également la charge, mais plus rien ne semble aller convenablement.
Corman et le comité ont décidé de le décharger de ses fonctions.
Il ne s’occupera plus ni d’elle ni de moi.
Mince ! C’était pourtant lui qui m’avait recruté.

Et nous n’avons jamais pu véritablement travailler convenablement ensemble, Hicks et moi.
À chaque occasion, une excuse, venue de je ne sais où, faisait son apparition.

Kilgore est promu, et prend la suite de Philipps.
Il a pour consigne de s’employer à veiller à ce que les ordres soient respectés.
Du coup, je n’ai plus du tout de retour sur les attendus de ma mission principale.
Plus de mise en contact avec des interlocuteurs connus et référencés, comme c’était le cas avec Philipps.
Visiblement, cela convient à tout le monde que je sois en solitaire à la barre sur des sujets très stratégiques et sensibles.

  • Mois 4

Hicks doit être remplacée.
Sous anxiolytique, elle cumule les arrêts de travail.

Un mercenaire russe, le soldat Popof, est recruté en urgence.
Colby est éjectée sans sommation de mon bureau avec toutes ses affaires pour faire place nette.

Avec la franchise d’un dirigeant soviétique durant la guerre froide, Popof s’applique à semer la zizanie dans toute la garnison.
Il n’hésite pas à envoyer au goulag toutes les bonnes intentions des membres du régiment, spécialement celles de Hicks.
Comme il promet monts et merveilles, tout l’establishment est à ses bottes.
Même si dans les faits, il est incapable d’être autonome dans ses démarches, de mettre ne serait-ce qu’un pied devant l’autre sans trébucher lourdement dans « ses » (?) comptes-rendus ou consignes, martyrisant au passage le sens et la forme de ses propos tapés au clavier.

Le vent, à partir du moment où il souffle dans le sens désiré, semble très apprécié en interne …
Peu importe finalement si celui-ci envoie, selon mon expérience passée, inévitablement le navire vers les récifs les plus dangereux.

  • Mois 5

Depuis le quartier général, il a été décrété que Hicks doit être purement et simplement éliminée.
Elle est trop encombrante.
Plus encore à cause de son importante cote de popularité, son franc parlé loué par beaucoup, et son implication certaine dans de nombreux projets.

Corman est mise au fait de sa dépendance médicamenteuse.

Je constate aussi, qu’il ne faut surtout pas que l’on apprenne que Hicks a permis l’amélioration nette du projet phare de par ses initiatives courageuses et audacieuses.

La réputation de la Kommandantur est en jeu.
Il est hors de question que le mérite en revienne à une bleusaille.

À coup d’éléments de langage, d’organisation habile de séminaires d’entreprise aussi débiles qu’inutiles, et profitant des vacances estivales, l’affaire est réglée en toute discrétion par l’intermédiaire d’avocats.

  • Mois 8

J’ai eu beau devoir me débrouiller seul, réussir à négocier avec succès l’importance stratégique des moyens de communication en lien avec le centre de commandement de l’armée fédérale, et au passage gagner de belles avancées sur le front commun, Kilgore ne supporte aucune contradiction.

Mes réserves écrites durant les points intermédiaires de fixation des objectifs sont vaines.
Je dois suivre l’exemple de Popof et absolument marcher dans ces pas.
Il sacque mes indices à la manière d’un sergent mal dégrossi sorti tout droit de Full Metal Jacket.

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À partir de maintenant, je dois conserver précieusement un maximum de traces écrites, le tout orné évidement de signatures.
En particulier tout ce qui se rapporte à des échanges hiérarchiques en lien avec Kurtz, par courriels ou autres.

Il est vital de maintenir une chronologie précise et détaillée de tout événement.
Je dois prendre sur le fait, sans équivoque, toutes déclarations d’intensions.
Mettre en évidence toutes injonctions contradictoires, tout mouvement suspect …

Corman reste passive.
Les bruits de couloir sous-entendent qu’elle n’est au courant de rien.
Comment est-ce possible ?

Il y a forcément des informations et liens de causes à effets que j’ignore.
Qui est au courant de quoi ?

Popof n’a pas droit au même traitement de faveur que Hicks.
Il bénéficie d’une très avantageuse rupture conventionnelle.
Après tout, ses pratiques douteuses correspondent plus à l’état d’esprit visiblement recherché.

Hicks n’arrêtait pas de répéter qu’elle se sentait observée.
Et pas seulement elle.
Des rumeurs ?
Et si c’était vrai.
Le plus important reste de ne jamais accuser sans preuves.

  • Année 0

Ainsi débute ma navigation infernale sur les différents cours d’eau des enfers.
Elle sera tumultueuse tout au long du haineux fleuve Styx.
Je devrai veiller à ne pas m’embourber dans le vaste marais sans vent, au relent d’odeurs nauséabondes et d’idées aussi putrides que malveillantes.
Je vais devoir supporter les pensées les plus lamentables au Cocyte, résister aux tentatives de noyade dans l’oubli du Léthé, et observer le défilé des âmes en peine de l’Achéron.
Le tout finira inévitablement pas s’enflammer au Phlégéthon.

Quand ?

J’ai suivi une formation intensive dans les commandos de guerre terrestre.
Passons de la théorie à la pratique.

Bien plus de deux pièces seront nécessaires pour satisfaire Charon, le passeur de l’embarcation qui mènera tous ces démons à destination, vers leurs geôles finales respectives.

 

  • Note de l’auteur

Le mot « apocalypse » signifie en grec ancien « dévoilement », religieusement « révélation ».
Les siècles d’obscurantisme, qui suivirent la fin de l’essor de la civilisation grecque, détournèrent sa signification première pour en faire un synonyme de « destruction » en lien avec la fin du monde.
Les lecteurs de cet article comprendront très bien la définition retenue …

Et parce que terminer sur une note positive est toujours signe d’une démarche constructive 👍🏽 :

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🙏🏽 Lien vers une page YouTube Sara’h Cover

Jurassic Rat : L’Entreprise perdue

  • Titre original : The Lost Company
  • Titre français : Jurassic Rat : L’Entreprise perdue
  • Réalisateur : David Againstgolitah 🇺🇲
  • Producteur : Steven Jouealamontagne 🇩🇪
  • Genre : Horreur, Frisson
  • Classification : Interdit aux moins de 18 ans

 

  • Synopsis

Dans un laboratoire de génie génétique pas très génial, des savants fous tentent de créer une nouvelle espèce de responsables d’entreprise.

Ils décidèrent d’innover.

Pour cela, ils cherchèrent à manipuler de l’ADN en se basant non pas sur des extraits de résine fossile sécrétée il y a des millions d’années par des plantes, ancêtres préhistoriques des conifères, tel Ginkgo biloba capable de résister à la bombe atomique, mais bel et bien sur des concrétions intestinales de cachalot.
Puisque certains et certaines dépensent des fortunes dans du parfum créé avec cette substance fécale, mélange de bile et d’aliments, la qualité du substrat ne pourra qu’être meilleure.

Après différents essais réalisés sur des rats mis en cage, ayant pour seule occupation journalière de tourner en rond dans une roue immobile, l’expérience finale est enfin tentée.
L’injection virale critique ayant été, avec certitude, parfaitement mise au point.

Deux cobayes sont désignés volontaires à l’insu de leur plein gré.

La mutation par transgénèse a lieu devant un parterre de coachs encore moins sportifs et charismatiques qu’une équipe de footballeurs obèses se nourrissant exclusivement de bières industrielles, et chantant le dernier tube à la mode du grand saltimbanque et poète, auteur de « Quand il flatule, il perfore son caleçon ! », Sébastien Patoche.

Les transformations sont aussi spectaculaires qu’inattendues.

Avec effroi, les observateurs constatent que la fiction a dépassé la réalité.
En lieu et place d’une contamination par une mouche, comme dans le film éponyme de David Cronenberg sorti dans les années 80, du matériel génétique de muridés est venu s’insérer dans les gènes mutants.

Les deux participants se mirent brusquement à choper le melon.

Le premier était sujet à des crises de colère homériques en privé, car « C’est moi qui décide ! ».
Il jouait la culture, mais ne savait cultiver que les fautes d’orthographe et de grammaire dans ses écrits, tout comme les erreurs de syntaxe et autres expressions approximatives plus proches du jargon de bébés que du français courant.

Le second, tout aussi extrême dans ses réactions en petit comité, comparait sans arrêt son cerveau pourtant minuscule, en l’imaginant nettement plus gros que ceux des autres qu’ils nommaient communément « petites têtes ».
Y compris celui du premier, dont la présence n’était qu’apparat tant l’échantillon numéro deux avait le sentiment intime d’être le seul à faire tourner la boite.
Comble du malheur, il ne savait même pas compter au delà des dix doigts de ses mains, n’ayant même pas le réflexe d’ôter ses chaussettes pour s’appuyer sur ses orteils et atteindre le nombre, pourtant critique, 15.

Les financeurs étaient, pour ces messieurs, tous des fainéants.
Alors qu’eux s’arrangeaient pour charger leurs agendas d’événements fictifs afin que personne n’ose déranger leur grandeur.

Les autres instances ?
Tous des planqués au soleil !

Ils voyageaient grand luxe aux frais de la princesse, y compris en traversant l’océan.
Ils parlaient fort et sans interruption, dans un flot continu d’éléments creux de langage piochés ça et là, très probablement via ChatGPT.
Ils maraboutaient leurs écrans avec le secret espoir de voir les chiffres et les courbes des indicateurs grimper exponentiellement par la simple volonté de leur esprit.
Ils trinquaient plus que nécessaire, en arrosant au passage toutes celles et tous ceux qui leurs présentaient des babioles clinquantes et rutilantes, quoique dans les faits en toc, réalisées et montées de bric et de broc, et d’une brillance tournant rapidement à la pâleur.

Ils allaient conquérir le marché !
Narf !

Pour tenter de juguler leurs délires, les ressources humaines furent dirigées par une autre victime de ces folies expérimentales.
Avec comme variante cette fois qu’en guise d’animaux tests, furent employées des souris maintenues sous peroxyde.
Le drame ne fit qu’empirer lorsque l’on découvrit que des gènes de Struthio émue d’émeus avaient accidentellement atterris dans les éprouvettes.
Cette dépendance non désirée était trahie par la répétition périodique de la triple expression criée oralement « On ne me dit rien ! On ne me dit rien ! On ne me dit rien ! », suivie d’une disparition de tête dans la cuvette des toilettes la plus proche.

La confusion mentale de l’ensemble finit par atteindre son paroxysme dans un déchainement de cris aigus et de jacassements dignes d’une basse-court remplie de dindes et dindons s’agitant en tous sens après décapitations.

Tout ce beau monde en vint finalement à être enfermé à double tour dans l’asile prévu à cet effet.
Le tout se fit sous contrôle rigoureux et assidu de la Société Poursuivant les Aliénés, réquisitionnée et commanditée grâce à l’action déterminée des équipes compétentes de la coalition des grivetons tapageurs.

  • Sortie Cinéma

Projection en avant première programmée prochainement au Théâtre des Trois Ânes.

  • Références

👉🏽 Jurassic Park, Le Monde perdu : Jurassic Park

👉🏽 Minus et Cortex

🙏🏽 Steven Spielberg

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🙏🏽 John Williams et l’Orchestre philharmonique de Vienne

🙏🏽 Cartman

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La vérité est-elle ailleurs ?

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Aux frontières du réel, le mensonge cherche toujours à adopter les apparences de la vérité.

Loin d’être un phénomène paranormal, le Triangle de Karpman est à l’origine de tragédies plus dramatiques que celui prétendu des Bermudes.
Ce ne sont pas des avions ou des navires qui s’y abiment, mais des âmes en peine, victimes d’autres beaucoup plus damnées les menant en bateau.

Mais lorsque les traces des sévices existent, le tourbillon des vents contraires ne pèse pas bien lourd face au poids immense des preuves accablantes accumulées.
Point d’épaves ou cadavres retrouvés au fond des eaux troublées à la couleur d’émeraude, quoique infestées de requins aux dents longues.
Simplement de solides rochers s’élevant en cathédrale, falaises abruptes contre lesquelles s’échouent les pirates détroussant ces caravelles dorées, émerveillés par le chant envoutant des sirènes du pouvoir.

Fox Mulder et Dana Scully doivent y être envoyés pour mener conjointement l’enquête.
La cigarette de C.G.B. Spender dégageait ses abondantes émanations toxiques, et comme il n’y a pas de fumée sans feu …

Le plus important pour ces agents assermentés reste d’identifier qui incarne chaque position aux trois angles de ce polygone loin d’être simpliste.

Qui est la victime ?
Qui est le sauveur ?
Qui est le persécuteur ?

Voilà donc de quoi attirer toute leur attention sur les véritables intentions de chacun et chacune.

En analysant de manière transactionnelle une relation, tout adulte mature et respectueux considérera son interlocuteur comme son égal, sans imposer un rapport dominant/dominé.
La hiérarchisation par la force fait toujours ressortir, dans les écrits, des injonctions brutales.
Lorsqu’elles sont contradictoires, le jeu des chaises musicales commence.

L’objectif consiste effectivement à empêcher la personne dont on souhaite se débarrasser, de s’assoir sur un fauteuil désigné sans y être expressément invité.

Aller de plus en plus vite, jusqu’à épuisement.

Quand un acteur de cette comédie, montée en scène et filmée à contre jour, lance sa tirade, son complice, dans ce jeu de dupe, doit obligatoirement occuper la position souhaitée.
Le script doit être précis, minuté, parfaitement exécuté pour une exécution sommaire dans les règles de l’art.

Une victime se déclare, son sauveur vient immédiatement à son secours pour disqualifier le troisième membre en le désignant automatiquement comme son persécuteur.

Les cartes sont rebattues ?

Peu importe, les rôles sont alors inversés.

Besoin de trouver un bouc-émissaire ?

Sans aucun doute, il suffit d’imposer ou suggérer un point de vue à une tierce personne pour qu’elle devienne persécutrice afin que le manipulé se retrouve perdu dans ses raisonnements.

Il est idéalement préconisé d’attendre le moment opportun où la cible se retrouve dans la Lune, car bien que cette dernière soit dépourvue de tout champ magnétique, l’empêcher de s’orienter est la meilleure occasion d’arriver à ses fins.
La pigeon à faire voyager doit être déboussolé.

Entrer dans la danse un par un est caractéristique d’une bande de flibustiers organisés.
Pour tromper l’entourage et donner l’impression de ne pas en être, rien de plus simple, il suffit de nier la réalité en se berçant d’illusions.
Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien pouvoir lire, et ne jamais écrire autre chose que les répliques prévues à cet effet.
On ne peut pourtant prétendre être aveuglé dans l’épais brouillard quand le ciel est sans nuage.

Cependant, tout manipulateur est un magicien sans scrupule, susceptible malgré tout de se faire démasquer à partir du moment où l’on connait tous ces trucs et astuces dans la réalisation de tours de passe-passe.

Car il est un cas à part, où l’emmerdeur indésirable, le fauteur de trouble patenté non admis, n’est vraiment pas bon à prendre.
Difficile à cadrer, donc impossible à recadrer.

Cool kids can’t die !

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À la Une

Focus sur une étude de cas et son parcours de soins

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L’Hôpital Pinceton-Néoburo

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Fil conducteur de la série

Lors d’une réunion du comité de direction à l’Hôpital Pinceton-Néoburo, le Docteur Grégory Mahous (parce qu’il en a gros sur la patate), médecin itinérant rhumatologue du cerveau, exprime son mécontentement devant la Doctoresse Lyra Pascondi (parce qu’elle a beau lire tous les rapports, « On m’a rien dit ! »), doyenne et médecin légiste spécialiste en criminologie.

Son Interne, au sourire oriental et fraichement fiancée, Olie Mori-Caneron, est en Burn-Out après avoir enchainé les nuits de gardes dans les différents services d’Urgences aux quatre coins du Centre Hospitalier Universel (parce que traitant de tout, mais spécialiste en rien).

Dans le département des maladies mal-chanceuses, Numéro 13, la surveillante responsable, alias Rémy Brassdlair, impose à Mori-Caneron, des tâches ingrates aux horaires impossibles.
Elle en vient même à prévenir Mori-Caneron, des prises en charges sensibles de patients gravement atteints, seulement quelques heures avant ses congés réglementaires ou les changements d’équipes, l’obligeant, de fait, à faire des heures supplémentaires très peu déclarées.

Éric Forsmadam, le médecin chef généraliste fortement spécialisé en homéopathie, oralement, n’hésite d’ailleurs pas à rajouter directement des arguments à Brassdlair, pour que Mori-Caneron gère également un gros volume de paperasses administratives en complément.
Tout en indiquant à cette dernière l’exact contraire des instructions fournies initialement à Brassdlair

Quelques mois auparavant, il avait déjà utilisé, avec succès, ce même stratagème au moment du départ de la Doctoresse Franco-Slovaque Morta-Edmée Maitiré, brillante diagnosticienne fraichement sortie major de promotion, et avec le majeur, de l’académie de médecine avec mention « Assistance Nerveuse aux Soins ».

Tout ce tohu-bohu était arrivé jusqu’aux oreilles du Docteur Jamy Wilson (parce qu’il aime bien comprendre le problème avant de le traiter, et qu’il pratique le basket via des ballons portant son nom), chef du département de cancérologie, oncologue chevronné ayant appris le métier au contact des meilleurs.

Le Docteur Chris Padaub (parce que, bien qu’il criait peu, il parlait toujours en mal des autres) cherchait par tous les moyens de dissuader Wilson de soutenir Mori-Caneron, aidé en cela du Docteur Robert Chaste (parce qu’il a l’écoute du curé en confessionnal), aumônier pratiquant les médecines parallèles.

Le compte rendu transcrit des propos oraux de Mahous ne correspondait pas à ce qui avait été prononcé en réunion du comité.
Si bien que Mahous finit par trébucher après avoir prêté sa canne anglaise à Mori-Caneron.
Cette dernière, encore fragile lors des réunions de service, rechuta pourtant brusquement au milieu de la présentation d’une transmission ciblée.

L’externe Laurent Quefer (parce qu’il n’avait pas été informé des événements et n’avait rien à sa disposition pour appliquer la marche à suivre) fut alors appelé en renfort.

En présence de Forsmadam, Pascondi, et finalement de l’encombrant Wilson, il écouta Mori-Caneron exprimer son mal-être.

L’entretien au lieu à l’aumônerie de l’Hôpital, sans toutefois la présence de l’aumônier qui avait échoué dans la planification de sa messe du Lundi.
Elle devait absolument être présidée par Wilson dont l’apport était devenu soudainement pressant.
Chaste fut donc logiquement dispensé de donner les derniers sacrements à la mourante, comme ce fut la cas auparavant avec Maitiré.

Sa présence était inutile, tant Pascondi était fervente pratiquante.
Elle suggéra à Mori-Caneron, de jeter au rebut tout le volume de matériel dédié aux blocs opératoires sans le déballer, afin de le stériliser définitivement.
Plus de 2000 pièces à traiter, sans même envisager un possible recyclage.

Quel gâchis !

Les finances étaient d’apparence florissante, même si d’indemnisation des heures sups, il ne fut point question.

Le point portant sur le gaspillage des ressources vitales à toutes prises en charge médicale provoqua le seul grand dam de Wilson.
En effet, il conservait toujours précieusement toutes les prescriptions médicamenteuses savamment rédigées dans son ordonnancier, convenablement soigné, trié et enfermé à double tour dans son armoire à pharmacie.
Il était de nature prudente en ce qui concerne le parcours de soin de patient atteint de maladie chronique en phase aiguë.
Il s’appuyait toujours sur les interfaces de contrôle d’interactions médicamenteuses disponibles en ligne avant de valider tout traitement, parcourant à chaque fois tous les risques encourus ainsi que les effets secondaires observables.
La bibliothèque de son bureau lui permettait également d’avoir toujours à porté de main le bon ouvrage médical, référençant ainsi tout le spectre des possibles correspondances avec les symptômes d’une maladie rare à traiter.
Surtout, après chaque consultation, il n’hésitait pas à demander d’autres avis auprès de confrères plus chevronnés et compétents dans leur domaine d’intervention, et ceci malgré sa spécialité particulière reconnue de longue date.
Bref, bien que les opiacés soient susceptibles de soulager les douleurs dans certaines circonstances, il n’était pas du genre à en faire un usage récréatif.

Il conserva donc mécaniquement les traces écrites, immortalisant ce moment, dont bien évidement le témoignage de Mori-Caneron, transmis à Pascondi.

Car dans cette Maison des Docteurs, tout comme dans la série s’en inspirant, tous les grands malades mentent … sauf les TDC (parce que Thérapeutes Diplômés en Coloscopie).

Le Happy-End eut lieu.

Mahous modifia l’orthographe de son nom en Mouse (parce qu’il finit par décrocher un sourire digne de la souris du même nom), Mori-Caneron, devint Madame Viva-Lapetite (parce qu’ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants).
Seul Wilson ne changea pas, continuant à enchainer les paniers.

Quant aux autres, ils rencontrèrent véritablement la Doctoresse Jessica Adams, dans la prison où le Docteur House était détenu en saison 8, lors d’un Crossover entre ces deux séries télévisées hospitalières.

L’épisode assura un carton d’audience au moment de sa diffusion.

🙏🏽 Laura Felpin, Jeremy Ferrari, Arnaud Tsamere, Baptiste Lecaplain

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🙏🏽 Jeremy Ferrari

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Le Silence du doux agneau

Les Monstres n’existent pas que dans les salles de Cinéma.
L’Histoire regorge de meurtriers non pudiques, psychopathes sanguinaires, stratèges immoraux provoquant des massacres de masse durant des guerres puniques, ou perpétrant des crimes en série.

Le monde de l’entreprise ne déroge pas à la règle.
Peu importe l’endroit, son univers peut y être tout aussi impitoyable.
Aucune raison d’ailleurs ne peut démontrer qu’elle bénéficie d’un statut particulier, la dédouanant des règles sociales régissant, en l’état, les rapports entre êtres humains.
Même si, dans le cas présent, les individus évoqués n’ont plus grand chose à voir avec l’Humanité.

De dangereux cannibales y sont donc tout autant représentés qu’à l’extérieur, se repaissant sans vergogne à toutes heures de la journée.

La chasse au gibier de potence commence dès le matin, au déjeuner, entre un café et deux croissants/chouquettes, et se poursuit au dîner, livré dans des cartons, obscurcissant la prise de décisions requise, ou à la table d’un restaurant au tarif, dont la note salée finale est payée via une autre carte, de crédit cette fois, de préférence au nom de la boîte.

La traque est encore plus intense quand il s’agit de se pavaner en Afterwork, la coupe de Champagne à la main, les petits fours engloutis furtivement, jouant de blagues plus que moyennes et forçant l’intimité des aveux.

Le cynisme atteint son paroxysme lors de cérémonies de départ anticipé, quoique secrètement désiré.
Où l’on remercie chaudement le fuyard conscient de ne plus avoir à participer à cette comédie inconsciente, et qui évite ainsi la seule véritable chaleur recevable, celle de son dernier souffle étouffé par la main du scélérat, lorsque son sang finit par gicler abondamment de sa carotide tranchée à vif.

Des nuances sont toutefois à apporter, il est rarissime durant ces divers banquets d’y déguster un « foie avec des fèves au beurre et un excellent Chianti ».

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Un serial kill… harceleur agit toujours à la vue de toutes et tous, en évitant d’attendre debout, passif, sans exprimer la moindre expression ni remords, qu’une inspectrice vienne solliciter ses conseils sur une chaise disposée devant la cellule de son bureau.
D’ailleurs, si, par malheur, le cas vient à se présenter, via la présence indiscrète d’une observatrice extérieure, ces instants deviennent soudainement d’une conviviale fragrance aussi insoupçonnée qu’artificielle.

Cependant, il aime réellement contempler autrui derrière une vitre.
Et c’est avant tout pour s’assurer que ses futurs repas obéissent, au doigt et à l’œil, à ses injonctions, de préférence contradictoires.
Tout et son contraire sont la base de stratégies manipulatrices.
Diviser pour mieux régner.
Machiavel, sort de ce corps !

Dans sa secte macabre, il veille à s’entourer de disciples dociles, qu’il façonne à sa guise oralement, car point de manuel ne doit décrire ses sombres principes.
Un tueur en série ne pouvant s’empêcher de mettre en scène ses atrocités, le spectacle étant sa raison d’être, d’exister en public, il ne peut réprimer l’envie de se venter implicitement de ses actes de manière récurrente.
Une chrysalide dorée du papillon au masque de mort, placée dans la bouche, est la garantie de silence imposée à ses cruels agneaux.

L’utilisation de l’outil informatique n’est alors qu’un moyen distant d’assoir son emprise.
Il déteste, par dessus tout, les Malotrus de tout bord osant s’ériger contre son autorité à l’ego démesuré, mais dans la réaliste si fragile.

Jusqu’au jour où un homme maintenu en isolement, stoïque et d’apparence si docile, finit par démasquer l’immonde supercherie.

Ce dernier semblait pourtant convenablement enfermé dans son aquarium, sous bonne garde de vigiles assermentés, vidé de toute substance à la vision de son agenda régulièrement scruté, ainsi que des déclarations de son temps de travail volontairement floutées.
De la nourriture frugale envoyée au fond du puit avait eu pour but d’étirer sa peau en vue de l’écorcher, le moment venu, lorsqu’une faiblesse personnelle finirait par lui faire perdre raison.

Il avait l’air si paniqué dans le noir, observé attentivement sous lunette infrarouge.

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Ce qu’ignoraient ces pervers, c’est que la main de Dieu visible le plus souvent, avait pour seule fonction de distraire les regards des actions menées par celle du Diable.

Cette dernière prenait Notes, rédigeait des brouillons indépendamment des courriels de signalement envoyés en rapport, flashait les agresseurs en appuyant sur le déclencheur du Polaroid, raccourci de clavier immortalisant l’instant où les armes des crimes étaient dégainées de leurs fourreaux.

Plus important encore, toutes ces preuves patiemment et savamment accumulées, disposées sur un immense tableau, gigantesque échiquier au nombre de cases à plus de deux chiffres, permettaient de relier entre eux les éléments des différentes scènes de crimes à l’aide des fils rouges fixés par des pointes ou trombones.

Les portraits robots des fautifs se dessinaient au fur et à mesure, révélant un à un parmi la liste des suspects, l’identité des véritables coupables.

Si bien que, quand l’éclair de Lumière fit renaître le grand jour, la bave écumait leurs visages haineux.
Toutes et tous se trahirent mutuellement dans une furia furieusement agressive de cris rageants et joutes d’armes blanches aux plumes ensanglantées.

La monstruosité de l’ensemble ne faisant aucun doute, la boîte de Pandore ouverte, jouer les Cassandre n’eut plus aucun intérêt.

Ce qui devait arriver, arriva.

La Loi, seule gage de respect et barrière infranchissable contre la barbarie, s’appliqua froidement.

☑️ Références :

  • Cinématographique

👉🏽  Le Silence des agneaux

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  • Littéraire

👉🏽 Antony Hopkins – On s’en est pas trop mal sorti, petit – Mémoires

🙏🏽 Les Nuls

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Le Crime de l’Occident-Express

Dix Petits Nègres ont été réunis, en comité, à l’initiative d’un seul d’entre eux.

Dans La Maison biscornue, cette Mystérieuse Affaire de Styles incommode fortement toute une bande de petits cochons.

Sont-elles une, deux, trois … ?
Sont-ils 4 ?
Sont-elles 5 ?
Sont-ils plus ?

Juste avant Noël, le bon vieil Hercule avait assisté à un ABCD’aire, qui allait se retourner contre eux.

En Janvier, Le Couteau sur la nuque, il fut convié à des séances de lecture de Cartes sur table.

Dans le cadre d’un hôtel qui n’était pas Bertram, à défaut de Meurtre au champagne, ce fut une succession de repas qui permit les indiscrétions faites à son égard.
Poirot joua le jeu, et Le miroir se brisa.
Le Miroir du mort.

Mon petit doigt m’a dit, que plus d’un Témoin à charge étaient présents en moment des faits.
Les majors parlaient trop, à force de justifier leurs coûteuses parties de golf.

Si bien que, quelques mois plus tard, le surintendant homme au complet marron, et sa surintendante complice, tiraient réellement les ficelles de ce scénario de roman d’espionnage.

Lorsqu’il dut rejoindre le Club du Mardi, après une longue série de plus de 12 travaux, en prenant l’inouï Train bleu de 10h01, la finalité de la mission, d’évidence, consistait à se débarrasser de ce Témoin indésirable, devenu alors passager rincé pour Francfort.
Il avait Rendez-vous avec la mort durant le passage d’une nuit qui ne finissait pas.

Le petit jeu des pendules auquel s’adonnèrent tous les tortionnaires, avait pour but, en appliquant la stratégie habituelle de l’embrouille des sept cadrans, de dissimuler la véritable heure zéro.
Pourtant, un meurtre sera véritablement commis le … profitant par abus de ses vacances.

Un meurtre est-il facile ?

Oui, lorsque les plumes sont empoisonnées.

Mais, dans ce Drame en trois actes, de retour, le désormais devenu célèbre détective, grâce à sa mémoire d’éléphant, l’équivalent de toute une bibliothèque de cadavres exquis savamment et patiemment recueillis, et surtout l’aide inestimable de ses très chers amis pour qui « Le crime est notre affaire », permirent de clôturer efficacement les enquêtes, en se mouvant tels des chats face à des pigeons enfermés à double tour dans La Maison du péril.

Son recueil de nouvelles, visible dans tous les nuages, célébrait Le Bal de la victoire.

Donnant Rendez-vous à Bagdad, il résolu l’ultime énigme, en interrogeant le dernier témoin muet.
Et, face à la Miss, qui n’est pas La Troisième Fille de sa famille, il tira sa révérence en quittant la scène.

Tous les fautifs moururent sur le Nil, car comme dans Le Crime de l’Orient-Express, chacun et chacune des protagonistes avaient, à leur façon, donné leur propre, mais sale, coup de poignard mortel, dans le but de se donner bonne conscience, cherchant à plaider le « Je ne suis pas coupable ».

Tant que brillera le jour, La mort n’est pas une fin quand la destination est inconnue.

Signé Roger Ackroyd 😎

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🙏🏽 Agatha Christie

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