Réflexion sur la pertinence de certaines réunions.
Contexte
« Le diner de Cons » est un film réalisé par Francis Veber datant de 1998.
S’inscrivant dans la ligné de la série cinématographique se basant sur le personnage « gauche » de François Pignon, il rencontra un franc succès de par sa dénonciation implicite, certes caricaturale (quoique …), des relations sociales basées sur le mépris d’autrui.
Les personnages principaux sont incarnés avec un grand recul par :
- Jacques Villeret (François Pignon, un employé à l’administration des impôts)
- Thierry Lhermitte (Pierre Brochant, éditeur)
- Francis Huster (Juste Leblanc, écrivain)
- Daniel Prévost (Lucien Cheval, contrôleur fiscal)
Il est à noter que ces personnages sont exclusivement masculins, ce qui ne signifie en rien que la Connerie soit l’apanage unique des hommes.
La morale de cette histoire étant que les apparences sont souvent trompeuses, d’où le fait que les plus gros Cons ne sont pas toujours ceux à qui l’on pense en premier lieu.
Article
Ils ou elles nous convient, pour ne pas écrire, nous imposent, de participer à des réunions sans fin et sans intérêt, pour juste combler le blanc.
« – Qu’est-ce que vous faites Mercredi prochain de 14h à 16h ?
– Mercredi prochain (dans mon agenda pourtant partagé) … Rien !
– Parfait ! L’ « ami » qui encadre cet important Projet pour l’entreprise, organise une nouvelle réunion, vous allez nous représenter !
– C’est vraiment très gentil ça !
– Non c’est normal, pensez aux objectifs ratés du dernier semestre, on … vous ne les raterez pas la prochaine fois ! »
Ils ou elles parlent pour ne rien dire et nous font des leçons de morale à chacune de nos remarques pourtant pertinentes, car eux seuls et elles seules savent comment vraiment « marcher ».
« J’avais dit à gauche, sans votre opinion ! »
Ils ou elles passent leurs journées à contempler des graphiques et des chiffres, espérant par le regard provoquer l’accélération exponentielle et le buzz, synonymes de gloire et fortune.
« Ces indicateurs ont une belle tête de vainqueur. »
Ils ou elles refusent d’écrire leurs raisonnements lors de l’élaboration de prises de décisions.
« Je veux que tu me rappelles tout de suite … Bien sûr, tu laisses de côté ton occupation du moment, évidemment que tu laisses de côté ton occupation du moment ! J’ai besoin de te parler. »
Ils ou elles nous prennent en aparté pour nous expliquer à quel point nous avons de la chance d’être dans son secret des Dieux.
« Aie confiancccce ! J’ai confiance en toi ! Tu es mon super bras droit ! »
Ils ou elles méprisent ces, dixit, « petites têtes », ces « fainéants », ces « planqués au soleil », nous suggérant de « jouer des claquettes » afin de « passer plus de temps sur les greens de golf ».
« Ils ont la classe mondiale, peut-être même sont-ils champions du Monde. »
En retour, nous ne sommes publiquement que des « petites mains » leurs devant tout, même si ils ou elles pensent très fortement à nous lorsque nous finissons par mal nous sentir.
« Il fait peine à voir, on dirait un cheval qu’à raté une haie, on l’abattrait sur un champ de course. »
Pas de faiblesse pour les forts, ces derniers appliquant leurs lois.
Tous les coups sont permis et encouragés, martelés par des éléments de langages élaborés mais, dans le fond, d’une pauvreté affligeante.
« Puisque je vous dis et écris que j’ai raison ! »
Vive la tyrannie de la bienveillance !
Nous ne sommes plus à une contradiction prêt, puisqu’il n’y a plus lieu de culpabiliser.
« Alors ça c’est tordu, mais bougrement intelligent. »
Et puis un jour, la roue tourne, car voyez-vous, il est cruellement fatiguant d’être si intelligent.
L’esprit critique, la remise en cause, n’étant pas incompatible avec la véritable bienveillance, l’amélioration continue, aussi franc que l’on soit en donnant son opinion, tout ceci finit par faire apparaitre au grand jour ces pêchers d’orgueil, de vanité et de jalousie.
L’incompétence et la médiocrité de ces individus deviennent criardes.
Ils ou elles se sentant pourtant parfaits et parfaites, au dessus de tout autre et soupçons, ils ou elles s’inventent des ennemis imaginaires sur-puissants, des génies démoniaques « pires qu’elles et eux », ils ou elles embrochant le « monsieur méchant ».
Dans leur esprit, le mal est partout, ils ou elles ne sachant se comparer que de façon négative, l’emploi de cet adjectif « pire » est pleinement justifié.
Le monde se divisant bien en deux catégories, ils ou elles n’ont pas conscience que, dans la réalité, ils ou elles, par cet état d’esprit délétère, ont creusé leur propre tombe.
Il est donc difficile pour elles et eux de s’extraire par leurs propres moyens de ces catacombes, leur paroles n’ayant plus de valeur, plus d’écho, les faits et écrits démontrant sans équivoque leurs perversions.
En conclusion, à force de négliger le bon sens et la simplicité, qui peuvent être tout sauf simplistes, mais surtout à force de prendre les autres systématiquement pour des Cons, nous risquons de nous rendre compte que ce sont bien nous qui le sommes.
La naïveté n’est qu’apparence, la gentillesse toujours relative, et la bienveillance souvent sévère, mais tellement juste.
« Ne m’invitez jamais à ces réunions, j’aurais toujours un doute. »