Mad Min

Mad Min

Dans l’entreprise pré-apocalyptique, rode un officier qui n’en fout pas la rame.

« Mad » Minos Racketki, dit Mad Min.

Il prend son trip on the road lorsque, en début de réunion, il se connecte à la visioconférence où se trouve un employé ayant toute son attention, le tout en tenant d’une seule main le volant de son véhicule de fonction.

Pas besoin de le consulter sur sa mobilité géographique au sein de la boite, il est là depuis toujours et ne compte pas en bouger de si tôt.

« C’est Moi qui déloge ! »

Il a tout fait, a tout connu dans ces déserts que sont devenus ses journées de travail.
Trop d’avantages en contrepartie du moindre effort.
Avec l’illusion d’une autoroute aux heures de pointes, il bloque toutes entrées de son agenda en partage.

Il fait apparaitre des mirages sur l’allée bitumée de ses promesses.
Wile E. Coyote dit « Oui! Oui! » plus vite que Road Runner lâche « Bip! Bip! ».

Il se moque des pénuries d’essence, puisque, rien que pour lui, l’or noire coulera à flot.
Logique, puisqu’il affirme que lui seul sait comment marche la pompe à pétrole.

Aucune prise de risque !

Sur le par-brise de son bureau, s’affichent de gros diplômes obtenus lors de passages d’une multitude d’examens à dos d’ânes.
Il en a cependant oublié l’essentiel dispensé durant les courts, faute d’avoir été dispensé de les appliquer avec Qualité.

Pour lui, si la paperasse ne fait pas l’homme, c’est uniquement au moment de parcourir un livre dans le but de s’en inspirer.
Il brule volontiers, dans des barils, tous les ouvrages et autres contenus d’une bibliothèque, mobilier compris.
Pas de scrupule à avoir, dès lors qu’allumer un incendie peut lui rapporter, et que les flammes du bucher le font briller.

De tout façon, il est tellement bordélique, surnommé en tornades silencieuses « Le Roi de l’embrouille », qu’il a toujours été incapable d’appliquer la moindre méthode claire, précise et efficace pour s’y retrouver convenablement dans ses sales notes.

L’école de la vie, pour lui, consiste a entretenir la criminalité par la violence sournoise, sans véritablement mettre en valeur autrui.

Comme compagne, à ses cotés, trône Flambiosa.

Plus qu’une assistance à qui l’on confierait avec dédain les taches jugées arbitrairement ingrates, bien que pourtant plus que vitales au bon déroulement de la vie quotidienne, elle est une bras droite faussement fidèle, dévouée, mais pas trop, surtout quand il fait trop chaud.

Elle l’a pourtant littéralement dans la peau, et s’accroche à sa branche, comme on accroche une caravane à un semi-remorque.

Elle le seconde pour envoyer tous les larbins essuyer les insectes s’écrasant sur la plaque minéralogique de l’omnibus en mouvement.
Peu importe si l’un d’entre eux en vient à passer sous les roues du 54 tonnes.

Elle n’est même pas bonne secrétaire, et loupe au minimum une prise de notes sur deux.
Elle n’excelle en rien, laisse de nombreux courriels sans réponse, et du coup, ne suit véritablement aucun dossier.
Quand, à un moment critique, elle finit par activer la webcam de son ordinateur portable, ce n’est même pas la caméra positionnée sur son écran qui retransmet son image à moitié plongée dans l’ombre.

Elle affiche le sourire commercial du Renard de Sechura apeuré par les phares de son gros véhicule.
De toute manière, dans le marketing, il n’y a que les apparences qui comptent.
Inutile d’être haut en couleurs ni d’avoir un joli minois pour profiter du vivier de poissons rouges enfermés dans l’enclos Open-Space.

C’est vrai quoi !

Le gardiennage d’enfants a ses limites.
Supporter tous ces gamins et gamines ne dure qu’un temps, quand on n’a pas la culture de la patience, encore moins l’ouverture d’esprit.

Avancer dans la fureur se fera toujours en broyant la douceur … jusqu’à ce que morves s’en suivent.

🙏🏾 Canned Heat – On The Road Again

  • Références

👉🏽 Mad Max : Fury Road

👉🏽 Bip Bip et Coyote

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