Par Taken G.C. descendant pas tout à fait direct de J.R.R. Tolkien
Au Centre de la Grande Terre, s’étendait un petit territoire verdoyant plus connu sous le nom de Terre du Milieu.
Parmi les habitants de petite taille, on pouvait y croiser un paisible artisan atypique appartenant à la tribut des Hautsbits.
Tout le monde, autour de lui, l’appelait Bienbon.
Il gambadait joyeusement dans les champs cultivables, labourant un terrain fertile par ci, réparant les objets défectueux indispensables à l’exécution des travaux agricoles par là.
Il s’ingéniait en toutes circonstances à trouver des solutions élégantes à la résolution de problèmes.
En dehors de ses régulières balades, il avait pour principal travail de remettre à niveau des outils s’apparentant à des horreurs, reliques de l’ancien monde, maintenues en fonction malgré toutes logiques, et contre tout bon sens.
L’inutile n’était pourtant pas futile pour les responsables de ces taches.
Les tâches rémunérées au lance pierre suivant des carnets de commandes à la description aléatoire ou à géométrie variable, et le bon vouloir d’un commanditaire jusqu’alors inconnu, assurait la pitance quotidienne de Bienbon.
Bienbon n’avait que faire de tous les tourments bourdonnant à ses oreilles.
Comme à son habitude, il travaillait assidûment et consciencieusement, suivant les conseils dispensés par d’excellents professeurs, maîtres forgerons et autres compagnons du devoir.
L’enseignement des plus sages est toujours le meilleur.
S’en inspirer ne peut qu’être profitable à long terme.
C’est pourquoi, à son tour, à la demande ou pour permettre aux élevés les plus motivés auxquels il était régulièrement confronté, il n’hésitait pas à partager, et faire partager, son savoir-faire suivant la bien séance de son savoir-être, reconnu et loué aux alentours de son atelier.
La productivité de l’ensemble était donc assurée dans l’intérêt général.
Pour le bien du collectif, il rédigeait sans relâche des rapports précis, des comptes-rendus datés et contextualisés, des croquis détaillés et schémas validés, qui étaient tous autant de notices de montages dans le but d’ériger des édifices solides intermédiaires ou finaux, que des recommandations réglementaires officielles à suivre au pied de la lettre.
Bienbon, même genou en terre, opéra avec habileté.
Mais un jour, l’œil fit sentir fortement sa présence.
Du haut de sa Tour de Baraque-Nulle dans le Mentor, il observait sans relâche, un par un, l’ensemble de ses sujets.
Il s’était entouré de Nazesgros savamment sélectionnés à qui il avait confié les sceaux de pouvoir.
Il s’assurait ainsi la parafe unanime de sots, sans contradictions possibles de tous ses décrets rédigés unilatéralement.
Incommodé par l’humeur cool et quotidiennement enjouée de Bienbon, le fait qu’il n’était pas né de la dernière pluie et que son apparence faussement nonchalante n’empêchait pas la pertinence de son esprit critique, il orchestra à son encontre la charge barbare de ses armées d’Orques / Gobelins et autres Trolls des cavernes.
Ne pouvant tenir longtemps seul face à l’assaut, et bien que soutenu par tous les habitants de petite taille du Centre de la Grande Terre, il n’eut pas d’autres choix que d’effectuer un repli stratégique dans sa petite demeure en lisière de Comté.
Ayant pu reprendre son souffle, panser ses graves blessures, il suivit l’ultime conseil de son entourage et rendit tour à tour visite à différents membres de l’ordre des Magiciens.
Toutes et tous lui conseillèrent de s’associer à Grandtaf Le Blanc, afin de contrer les intentions maléfiques de l’œil.
Il conserva précieusement toutes les cartes de visites décrivant aptitudes et autres pouvoirs magiques, et s’en retourna frapper à la porte de Grandtaf.
Ce dernier lut le récit gribouillé à la va-vite par l’œil et ses marionnettes-sbires dans l’intention de lui jeter mauvais sorts.
Il écoutât attentivement les arguments de Bienbon, et vérifia les éléments matériels emportés et autres preuves patiemment accumulées au fil du temps.
Le dossier était particulièrement bien fourni, aussi bien en respectant un format parchemin qu’après lecture d’incantations numériques ayant pour conséquence l’affichage en deux dimensions d’innombrables runes et autres divins hiéroglyphes.
Absolument tous les éléments de base indispensables aux concoctions de potions de vérité efficaces étaient présents.
Y compris les fruits murs cultivés durant tant d’années de dure labeur par Bienbon.
Grandtaf ne pouvait qu’approuver la démarche de Bienbon.
Suivant les lois propres à l’ordre, il s’assura de la solvabilité de Bienbon.
Plus important encore, il se renseigna de la signature par ce dernier d’un contrat de partenariat elfique.
Hourra ! Cette hypothèse bénéfique était heureusement confirmée !
Conjointement, ils entrèrent en contact avec l’une de ces êtres féériques, Dame Galantielle.
L’accueil pour Bienbon fut tout aussi enthousiaste que lors de la rencontre initiale avec Grandtaf.
Tour à tour, le transfert des éléments les plus pertinents à la confection d’une robuste armure de Mithril, permit, en un coup de baguette, à la fois la signature d’un arrangement très avantageux entre Grandtaf et Bienbon, et l’utilisation bienveillante de la couverture protectrice de Galantielle.
Ainsi Bienbon pu sereinement poursuivre son voyage sur les chemins et sentiers de la Terre du Milieu.
Durant cette quête épique, il fit la rencontre d’innombrables et intrépides aventurières et aventuriers.
Tout comme lui, ses compagnons de route combattaient des yeux démoniaques.
À la différence près que l’œil affronté par Bienbon était celui du Saigneur Sairien.
L’épopée médiévale fantastique pouvait paraître interminable, tant Sairien rageait d’ignorance envers les conditions de vie réelles de Bienbon.
Du haut des sommets des montagnes rarement brumeuses, ou depuis les mines Mortesderire, Bienbon pouvait observer de loin, et ponctuellement, des rivières de lave en fusion s’échapper du Mont Pathétique.
Ces torrents brûlants engloutissaient progressivement les plaines désertes du Mentor, ensevelissant et noyant sous des tonnerres de cris, tous les disciples ayant vénéré ce saigneur des ténèbres.
Ils auraient mieux fait de fuir, ces pauvres fous.
🙏🏽 Enya – May It Be
- Référence 👉🏽 Le Seigneur des anneaux

