Les Machiavels en entreprise 🧛

Machiavels

Nicolas Machiavel, poĂšte et dramaturge florentin de la Renaissance, est l’un de ceux qui a le mieux dĂ©crit l’importance des ambitions au sein du pouvoir.
De lui est nĂ© le MachiavĂ©lisme, soit la conquĂȘte et la conservation de l’influence par tous les moyens.

Nous y associons parfois de vieilles expressions latines comme « Divide et impera » (Diviser pour mieux régner).
Ce qui peut se comprendre comme la volonté de créer le chaos dans le but de se mettre en valeur.

Comment identifier rapidement un Machiavel dans une entreprise ?

Il est facile Ă  reconnaitre.

Tout d’abord, il possùde un poste important.
Ceci va de soi puisqu’il cherche Ă  conserver Ă  minima son niveau hiĂ©rarchique.
Ensuite, il voudra dÚs le départ faire ami-ami.
Être l’égal.
Être de suite dans la confidence.
Il prendra le nouvel arrivant Ă  l’écart en le flattant :
« Tu viens de l’excellence ! »
Il décrira trÚs rapidement les futurs collÚgues sous leurs plus mauvais jours, et fera part de ses impressions négatives.

À tord, car ces prĂ©tendus cancres ont au moins la politesse de faire connaissance dans les rĂšgles de l’art, allant spontanĂ©ment et gentiment Ă  la rencontre, liant progressivement relations amicales, prenant le temps de vraiment connaĂźtre, ou rĂ©pondant aimablement aux premiĂšres sollicitations.

Le discours machiavĂ©lique sera perclus d’une fausse bienveillance.

« Nous ne visons pas l’excellence.
Soyons modeste dans nos ambitions.
Ne nous tuons pas à la tùche. »

Ce qui est paradoxal sachant les compliments initiaux faits en aparté.

Et si en plus les cas de Burnouts se multiplient …

AĂŻe !

Ouvrons ici une parenthĂšse pour ajouter ce triste constat.
En gĂ©nĂ©ral dans une entreprise possĂ©dant ce type de profil machiavĂ©lique, plus la gentillesse, l’empathie, la courtoisie et la politesse sont rĂ©elles, moins la durĂ©e de l’expĂ©rience professionnelle et le plaisir d’évoluer au sein de la structure sont importants.

Il parle sans cesse, encore et toujours, de maniÚre isolée, jouant à fond la carte de la tentation :
« Confie toi à moi en priorité lorsque tu identifies un problÚme.
Ne culpabilise pas si rien ne fonctionne autour de toi et ne cherche pas à améliorer la situation, mets toi en valeur.
Écoute moi, tous les autres ne font que du Bullshit politique.
Tout n’est qu’apparence.
Tu dois t’afficher, te montrer. »

Et enchaĂźne :
« Ne montre pas à tous ses ignorants tes travaux, ils ne sont pas en mesure de les comprendre. »

Encore un paradoxe.

Évidemment, l’entreprise lui doit tout, car sans avoir participĂ© aux entretiens d’embauche, il affirmera en cas d’agacement :
« Je t’ai recrutĂ© ! »

Pour lui, l’inadmissible est la normalitĂ©, car partout ailleurs, les mĂȘmes problĂšmes persistent, et tant que les consĂ©quences nĂ©fastes des dĂ©rives sont pour lui dans la moyenne, il ne lancera aucune action vĂ©ritable pour amĂ©liorer la situation.
Ceci est cette fois cohĂ©rent avec son discours, puisque mĂȘme dans la rĂ©solution de situations graves rĂ©pĂ©tĂ©es, l’excellence n’est pas visĂ©.

Comment rĂ©sister Ă  ce jeu d’influence ?

Rester en accord avec soi.
Faire son travail du mieux possible, simplement, patiemment, positivement, en prenant son temps, en s’appliquant.
Ne pas s’engager Ă  la lĂ©gĂšre dans des missions sans connaĂźtre tous les tenants et aboutissants nĂ©cessaires.
Savoir dire non, lorsque toutes les assurances garantissant un minimum de confort sont absentes.
Ne rien avoir Ă  se reprocher.
Faire fi des attaques sans fondement.
Privilégier la Qualité et surtout la traçabilité des actions.
Encourager le vĂ©ritable esprit d’équipe, le partage, l’écoute.
Êtes libre de penser par soi mĂȘme, authentique, humble et modeste.

En clair, appliquer le discours du Machiavel dans les faits, lĂ  oĂč ses actes et son bilan le contre-disent.

Mais surtout, tenir bon !

En appliquant ces rÚgles et en résistant, le Machiavel cherchera obligatoirement à isoler, à enfermer dans les travaux.
L’impact des rĂ©alisations sera minimisĂ©, dĂ©valorisĂ© puisque la lumiĂšre n’est pas recherchĂ©e.
Surtout, sa lumiĂšre.
Il suggérera tout autour les pires maux, attisant les défauts de chacun.
Ses reproches seront adressés uniquement de maniÚre indirecte via ses intermédiaires.
La prétendue excellence ne vaudra plus rien, et les compétences réelles ne seront de toute façon pas reconnues à leur juste valeur.

Les confidences n’étaient qu’illusion.

« Le beau est l’Ă©clat du vrai »
affirmation de Hegel, basĂ©e sur l’interrogation de Platon
« La beautĂ© n’est-elle que la splendeur de la vĂ©ritĂ© ? »

Être vrai suffit largement au bonheur.

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