Nicolas Machiavel, poète et dramaturge florentin de la Renaissance, est l’un de ceux qui a le mieux décrit l’importance des ambitions au sein du pouvoir.
De lui est né le Machiavélisme, soit la conquête et la conservation de l’influence par tous les moyens.
Nous y associons parfois de vieilles expressions latines comme « Divide et impera » (Diviser pour mieux régner).
Ce qui peut se comprendre comme la volonté de créer le chaos dans le but de se mettre en valeur.
Comment identifier rapidement un Machiavel dans une entreprise ?
Il est facile à reconnaitre.
Tout d’abord, il possède un poste important.
Ceci va de soi puisqu’il cherche à conserver à minima son niveau hiérarchique.
Ensuite, il voudra dès le départ faire ami-ami.
Être l’égal.
Être de suite dans la confidence.
Il prendra le nouvel arrivant à l’écart en le flattant :
« Tu viens de l’excellence ! »
Il décrira très rapidement les futurs collègues sous leurs plus mauvais jours, et fera part de ses impressions négatives.
À tord, car ces prétendus cancres ont au moins la politesse de faire connaissance dans les règles de l’art, allant spontanément et gentiment à la rencontre, liant progressivement relations amicales, prenant le temps de vraiment connaître, ou répondant aimablement aux premières sollicitations.
Le discours machiavélique sera perclus d’une fausse bienveillance.
« Nous ne visons pas l’excellence.
Soyons modeste dans nos ambitions.
Ne nous tuons pas à la tâche. »
Ce qui est paradoxal sachant les compliments initiaux faits en aparté.
Et si en plus les cas de Burnouts se multiplient …
Aïe !
Ouvrons ici une parenthèse pour ajouter ce triste constat.
En général dans une entreprise possédant ce type de profil machiavélique, plus la gentillesse, l’empathie, la courtoisie et la politesse sont réelles, moins la durée de l’expérience professionnelle et le plaisir d’évoluer au sein de la structure sont importants.
Il parle sans cesse, encore et toujours, de manière isolée, jouant à fond la carte de la tentation :
« Confie toi à moi en priorité lorsque tu identifies un problème.
Ne culpabilise pas si rien ne fonctionne autour de toi et ne cherche pas à améliorer la situation, mets toi en valeur.
Écoute moi, tous les autres ne font que du Bullshit politique.
Tout n’est qu’apparence.
Tu dois t’afficher, te montrer. »
Et enchaîne :
« Ne montre pas à tous ses ignorants tes travaux, ils ne sont pas en mesure de les comprendre. »
Encore un paradoxe.
Évidemment, l’entreprise lui doit tout, car sans avoir participé aux entretiens d’embauche, il affirmera en cas d’agacement :
« Je t’ai recruté ! »
Pour lui, l’inadmissible est la normalité, car partout ailleurs, les mêmes problèmes persistent, et tant que les conséquences néfastes des dérives sont pour lui dans la moyenne, il ne lancera aucune action véritable pour améliorer la situation.
Ceci est cette fois cohérent avec son discours, puisque même dans la résolution de situations graves répétées, l’excellence n’est pas visé.
Comment résister à ce jeu d’influence ?
Rester en accord avec soi.
Faire son travail du mieux possible, simplement, patiemment, positivement, en prenant son temps, en s’appliquant.
Ne pas s’engager à la légère dans des missions sans connaître tous les tenants et aboutissants nécessaires.
Savoir dire non, lorsque toutes les assurances garantissant un minimum de confort sont absentes.
Ne rien avoir à se reprocher.
Faire fi des attaques sans fondement.
Privilégier la Qualité et surtout la traçabilité des actions.
Encourager le véritable esprit d’équipe, le partage, l’écoute.
Êtes libre de penser par soi même, authentique, humble et modeste.
En clair, appliquer le discours du Machiavel dans les faits, là où ses actes et son bilan le contre-disent.
Mais surtout, tenir bon !
En appliquant ces règles et en résistant, le Machiavel cherchera obligatoirement à isoler, à enfermer dans les travaux.
L’impact des réalisations sera minimisé, dévalorisé puisque la lumière n’est pas recherchée.
Surtout, sa lumière.
Il suggérera tout autour les pires maux, attisant les défauts de chacun.
Ses reproches seront adressés uniquement de manière indirecte via ses intermédiaires.
La prétendue excellence ne vaudra plus rien, et les compétences réelles ne seront de toute façon pas reconnues à leur juste valeur.
Les confidences n’étaient qu’illusion.
« Le beau est l’éclat du vrai »
affirmation de Hegel, basée sur l’interrogation de Platon
« La beauté n’est-elle que la splendeur de la vérité ? »
Être vrai suffit largement au bonheur.