« Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. » Michel Audiard, Les Tontons flingueurs
Cette célèbre réplique du personnage Fernand Naudin, interprété par Lino Ventura, du film culte des années 60, réalisé par Georges Lautner, s’applique à merveille en entreprise lorsqu’elles sont gérées par des personnalités perverses narcissiques.
Avec ce type d’individu, tous les coups sont permis lorsqu’il s’agit de détruire l’ennemi.
Il est donc fortement conseillé de redoubler de vigilance tout en gardant son sang-froid.
Rester factuel sans pour autant sombrer dans la paranoïa.
Paranoïa dont ils (ou elles) ne manqueront pas d’accuser l’adversaire si, par chance, il finit par percer à jour bon nombre de leurs subterfuges.
Diffuser des théories complotistes absurdes est d’ailleurs un très bon moyen de masquer de véritables machinations.
Il s’agit là d’une simple variante de la technique ancestrale dite du contre-feu.
En exemple, deux témoignages recueillis :
- Les réunions « Gérard Majax »
La mode actuelle étant au télétravail, mettre en place des réunions collectives en distanciel pour garantir l’unité, la cohésion des employés va de soi.
Rien de répréhensible dans cette pratique.
Coordonner les interventions est aussi souhaitable afin d’éviter le chaos nuisible à la clarté des propos et synonyme de perte de temps.Provoquer ce chaos et influencer son interprétation est bien moins acceptable.
En effet, durant ce rassemblement, chaque intervenant a à sa disposition un ou plusieurs « prompteurs » servant de fil conducteur.
Bloquer les canaux et/ou donner accès à cette trame à un complice soigneusement choisi dans l’assistance, est le moyen le plus efficace pour parvenir à discréditer un intervenant gênant.
Mettre la main sur ces échanges fallacieux rend l’opération patente.
- L’embrouille des lettres recommandées
Lorsqu’un manipulateur se sent menacé, pour peu qu’il ait un certain niveau de responsabilités, il ne peut s’empêcher d’imaginer les pires duperies.À un moment, l’escalade du conflit est telle que les échanges se font uniquement par écrit via de bons vieux courriers recommandés.
Dans ces conditions, le meilleur conseil reste bien évidemment de ne jamais s’isoler et de ne pas hésiter à demander des avis experts externes mais, surtout, d’éviter de se retrouver en face au facteur.
Se permettre de signer les recommandés avec un léger retard.
La réglementation tient compte d’un délai de conservation maximum de 15 jours pour signature d’un recommandé au bureau de poste de rattachement.
Il n’est en aucun cas tenu d’être présent en permanence à son domicile durant la période d’une procédure, en particulier si il s’agit d’une enquête interne diligentée par les pervers évoqués.Imaginons maintenant les conséquences qu’aurait l’ouverture d’une lettre normale comportant des écrits indiqués uniquement sous envois recommandés en même temps que la signature d’un véritable recommandé.
Sans signature et en possession de l’avis de passage du facteur, ne pas hésiter :
👉🏽 Photocopier / scanner l’ensemble des plis récupérés dans la boîte aux lettres.Répondre rapidement sous recommandés à la lettre normale avec toutes les traces des échanges présents et passés en ajoutant un maximum de destinataires concernés par cette situation critique.
Prévenir qui de droit et attendre la mise en place de la procédure légale pour la signature et l’ouverture du véritable pli recommandé conservé précieusement par les services postaux.
La liste des escroqueries ne sera jamais exhaustive, l’imagination de l’être humain est infinie.
Certains et certaines dirons que toutes ces pratiques sont inhérentes à l’entreprise et qu’en acceptant de travailler dans celle-ci, nous devons en accepter les règles du jeu.
Interpelons celles et ceux qui tiennent ouvertement ces propos.
Sommes-nous encore à l’école ?
Si le travail est vraiment un jeu, ses règles de base ne sont-elles pas écrites dans un manuel appelé « Code du travail » ?
Selon le contexte de l’entreprise, ne sommes-nous pas tenus de respecter une certaine Éthique ?