Quand introspection rime avec manipulation đŸ§‘â€âš•ïž

Carl Gustav Jung
  • PrĂ©ambule

Cet article a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© en Ă©troite association avec des spĂ©cialistes certifiĂ©s intervenant dans les domaines de la santĂ© mentale et justifiant de plusieurs annĂ©es d’expĂ©riences professionnelles.
Le cas étudié est réel.
Les documents en illustration ont été soumis à examens méticuleux.
Pour des raisons Ă©videntes de confidentialitĂ©, l’identitĂ© de la personne Ă©voquĂ©e restera masquĂ©e.

La psychologie Ă©tant une science rĂ©gie par un certain nombre de rĂšgles et suivant une mĂ©thodologie prĂ©cise, en consĂ©quence, les mĂ©tiers liĂ©s (psychologue, psychiatre, neurologue 
) justifient un cursus de formations long, jalonnĂ© d’étapes clĂ©s validĂ©es par le passage d’examens particuliĂšrement sĂ©lectifs.

Bref, n’est pas « psy » qui veut, encore moins en un temps record.

Comme toutes sciences, la psychologie se base sur des hypothÚses soumises à probabilités et dont seul le temps permet la transformation en certitudes.

Par dĂ©finition, elle est ouverte Ă  dĂ©bat pouvant s’orienter vers d’autres sujets, d’autres contextes.

Ainsi, tout lecteur, affichant une lĂ©gitimitĂ© certaine, est en droit de partager ses opinions via l’ajout de commentaires en dessous de cette page, et ainsi enrichir la rĂ©flexion.

Tout avis est bien venu dans la limite du respect d’autrui.

  • Article

Dans un article précédent, opposition a été faite entre coach et psychologues intervenant en entreprise.
Illustrons par l’exemple, quelques exercices infligĂ©s Ă  un employĂ© « cobaye » par l’un, puis réétudiĂ©s par la suite et en dĂ©tail par d’autres.

Cette grille d’évaluation de la personnalitĂ© est trĂšs Ă  la mode.
De nombreux tests d’auto-Ă©valuation existent, et sont facilement accessibles en ligne.

En voici un exemple :

16personalities.com
Il ne coĂ»te rien Ă  toutes et Ă  tous de s’y essayer en cliquant sur le lien de l’image.

Cependant, pour reprendre l’article initial, nous devons toujours veiller convenablement au bon dĂ©roulement de ce test.
Nous devons le remplir en dehors de toutes influences extérieures, de préférence au calme, dans un contexte ne pouvant pas interférer avec nos émotions.

En cela, il se rapproche des fameux tests de Quotient Intellectuel – QI dont le rĂ©sultat peut varier Ă©normĂ©ment suivant ses conditions extĂ©rieures.
Passer ces tests en situation de stress avancĂ©, par exemple dans une piĂšce bruyante et sous forte chaleur, n’aboutira forcĂ©ment pas au mĂȘme rĂ©sultat qu’un autre bĂ©nĂ©ficiant d’une piĂšce ayant une bonne isolation phonique et une neutralitĂ© thermique.

En rĂ©sumĂ©, nous devons toujours y rĂ©pondre posĂ©ment sans avoir Ă  subir d’injonctions, notamment de la part d’observateurs.

Le « cobaye » a du donc répondre à un certain nombre de questions, 88 exactement, en cochant les cases correspondantes dans la grille synthétique ci-dessous.

Notons que la question 88 porte sur l’intĂ©rĂȘt de remplir ce questionnaire et d’en comprendre le sens.
La valeur notĂ©e pour cette question n’est pas prise en compte au moment de la dĂ©termination du score final.
Cette pratique est assez troublante, tant, en gĂ©nĂ©ral, le but d’un examen d’introspection doit clairement ĂȘtre Ă©noncĂ© en dĂ©but d’évaluation.

Petite remarque pertinente, pourquoi s’en tenir à 88 questions ?

En comparaison, le formalisme d’autres questionnaires disponibles en ligne, mais pas seulement, diffĂšre Ă©normĂ©ment sur ce nombre ainsi que sur les modalitĂ©s d’évaluation du ressenti.
Aucun moyen ne semble Ă  priori plus appropriĂ© que d’autres.

Cependant, le fait que la réponse attendue soit binaire (oui/non) trahit une certaine façon de penser.
La proposition de choix multiples, ou la graduation des réponses via une échelle de scores, restent préférables car permettant la nuance.
Ce qui est surtout signe d’une plus grande ouverture d’esprit inspirant naturellement confiance.

La présentation du formulaire papier distribué est particuliÚrement soignée.
Il est emprunt de solennitĂ© du fait de devoir en dĂ©couper mĂ©ticuleusement les bords, de bĂ©nĂ©ficier d’une impression papier carbone, et que les noms des contributeurs soient Ă  ce point mis en valeur 

Consigne est donnĂ©e oralement : « Ce questionnaire est purement confidentiel ! », Ă  la discrĂ©tion du « cobaye », mĂȘme si au moment de le remplir, tous les participants alentours, et l’observateur en particulier, peuvent y jeter un coup d’Ɠil en toute impunitĂ©.
Le rĂ©sultat final est aussi prĂ©sentĂ© devant toutes et tous afin d’ĂȘtre dĂ©battu.

Graphiquement, nous constatons que, malgrĂ© tout le soin apportĂ© Ă  l’ « emballage », la lecture des donnĂ©es est confuse.
Ce manque total de clartĂ© dans la comprĂ©hension du cheminement logique n’est pas du tout reprĂ©sentatif d’un raisonnement scientifique rigoureux et structurĂ©, gage de qualitĂ©, et aboutissant Ă  une conclusion fiable.
Ce manque de respect du formalisme scientifique habituel, trouble donc toute analyse et approche rationnelle, trahissant finalement ce qui ressemble plus Ă  une vaste fumisterie, pour ne pas Ă©crire escroquerie, qu’un travail sĂ©rieux et constructif.

Le plus Ă©trange durant le dĂ©roulĂ© de cette expĂ©rience fut que le sujet « cobaye » avait dĂ©jĂ  passĂ© auparavant un autre test MBTI, sous contrĂŽle d’un professionnel aguerri cette fois.
Il reste en mesure de rĂ©itĂ©rer l’exercice dans des conditions neutres.

Deux tests contradictoires ne pouvant porter à conclusion, un troisiÚme est scientifiquement nécessaire.
Voici pour preuve, les conclusions obtenues via le test en ligne cité plus haut.

Lien vers un document PDF consultable Résultat du test MBTI

Le fait que les résultats ne correspondent absolument pas, sÚme inévitablement le doute quant aux intentions réelles du test papier.

Pour conclure avec certitude sur le profil psychologique véritable du « cobaye », des entretiens et examens ont été effectués en amont de ce test.

Il ne fait aucun doute que le profil psychologique Ă  retenir est INFJ.

Au cours du mĂȘme sĂ©minaire de dĂ©veloppement personnel, il fut demandĂ© de remplir un autre test d’auto-diagnostic.

Ce test était redondant.
Il avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© soumis au mĂȘme participant plusieurs mois auparavant, lors d’un autre sĂ©minaire s’affichant sous un autre libellĂ© et menĂ© par le mĂȘme observateur.

Comparons les deux rĂ©sultats pour en apprĂ©cier l’évolution.
Pour le premier test, conservons toutefois une part de mystÚre en laissant à tout un chacun le soin de réaliser le dépouillement.

  • Auto-diagnostic 1
  • Auto-diagnostic 2

Nous notons une évolution légÚre mais signification entre les deux jeux de réponses.
Ceci dĂ©montre que le « cobaye » a trĂšs probablement effectuĂ© un travail sur lui dans l’intervalle.

Interrogeons-nous encore lĂ©gitiment sur les intentions rĂ©elles de l’observateur.

Il est aussi remarquable de constater qu’en si peu de questions, la colonne identifiant une attitude assertive soit à ce point complùte.
Les attitudes agressives et de manipulations obtiennent des scores en dessous, voire bien en dessous de la moyenne.
La notion d’agressivitĂ© est relative, car il est bon de prĂ©ciser Ă  ce stade que le « cobaye » est de sexe masculin.
Le bon sens veut en général que ce score soit naturellement et majoritairement plus bas pour une femme (Testostérone oblige).

Plus incroyable encore est le score de l’attitude de fuite passive, il est ridiculement bas.

En conclusion, en nous appuyant sur la dĂ©finition au sens strict de l’assertivitĂ©, soit la capacitĂ© Ă  s’affirmer, Ă  exprimer ses besoins et Ă  dĂ©fendre ses droits tout en respectant ceux des autres, se situant Ă  mi-chemin entre la passivitĂ© et l’agressivitĂ©, nous avons d’évidence affaire Ă  une personne particuliĂšrement sociable et respectueuse.

Cette derniĂšre renforce l’impression laissĂ©e par la conclusion du MBTI le dĂ©crivant comme INFJ.

  • Le test mystĂšre

Finalement, le test plus pertinent rĂ©alisĂ© durant toutes ces sĂ©ances fut probablement celui d’apparence la plus anodine.

Il fut demander aux participants d’écrire nom et prĂ©nom avec signature sur un calepin, en utilisant d’abord la main droite, puis la main gauche.

Par la suite, ces mĂȘmes participants furent amenĂ©s Ă  dĂ©crire Ă  l’aide d’un schĂ©ma, leur maniĂšre d’apprĂ©hender un objectif et les moyens Ă  envisager pour y parvenir.

Sur le scan ci-dessous du bloc note, nous avons Ă©videment rendu flou tout Ă©lĂ©ment pouvant identifier nominativement le « cobaye », respect de l’anonymat oblige.

Notes

Le « cobaye » s’est montrĂ© capable d’écrire son nom et son prĂ©nom des deux mains, et ceci aussi bien en Ă©criture italique que liĂ©e, avec une signature moins « stressĂ©e » de la main droite.

Une rapide analyse graphologique met en lumiÚre une écriture lisible mais peu esthétique des deux mains.
Par ailleurs, il s’avĂšre que le mouvement d’écriture de la main droite n’est absolument pas naturel, peu dĂ©liĂ© au niveau des phalanges et essentiellement du au poignet.

Pourtant le « cobaye » utilise spontanĂ©ment, et en prioritĂ© cette main droite pour Ă©crire et rĂ©aliser d’autres travaux manuels.
Il est cependant remarquablement ambidextre, pour qui sait se montrer un minimum attentif.

Le schĂ©ma dessinĂ© met en lumiĂšre un mode de raisonnement divergent, soit littĂ©ralement un processus mental crĂ©atif consistant Ă  gĂ©nĂ©rer un grand nombre d’idĂ©es, de solutions ou de pistes variĂ©es Ă  partir d’un seul point de dĂ©part ou d’un problĂšme unique.

Les conclusions Ă  tirer de cet exercice par l’observateur auraient Ă©tĂ© Ă©videntes si ce dernier Ă©tait un vĂ©ritable spĂ©cialiste de la santĂ© mentale certifiĂ© et reconnu.

    • Bilan

Si notre dĂ©veloppement personnel peut parfois avoir un lien avec une activitĂ© professionnelle, en aucun cas l’entreprise n’a Ă  s’en mĂȘler.
Il en va du respect des libertés individuelles au sein de tout régime démocratique qui se respecte.

Un intervenant d’apparence inspirĂ©e n’a pas Ă  s’immiscer indistinctement dans les sphĂšres publiques et privĂ©es d’un employĂ© dans le cadre de ses interventions facturĂ©es.
MĂȘme si le commanditaire de la formation le lui demande.

Ce point particulier permet également de faire la distinction entre un véritable professionnel certifié, tenu de respecter un code de déontologie, et un autodidacte aux compétences relevant plus du charlatanisme que de la science.

Il va sans dire que les intentions de tous ces tests effectuĂ©s dans le cadre de prĂ©tendues formations, n’ont pas lieu d’ĂȘtre en entreprise.
Utiliser ces concepts en l’absence de maĂźtrise aussi flagrante, dans le but de sonder la psychologie d’un employĂ© est une vĂ©ritable violation intime.
Elle caractérise souvent une tentative de manipulation dans le but de discriminer.

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