ITIL®, COBIT®, PMP®, PRINCE2®, LEAN SIX-SIGMA, MSP®, SCRUM®, MOP®, TOGAF® … que de sigles désignant des diplômes attestant l’aptitude à appliquer les meilleures pratiques de gestion / management de projets !
Ces formations certifiantes, passées à prix d’or, s’arrachent dans les entreprises.
Les employé(e)s s’inscrivent en masse pour décrocher ce sésame qui leur ouvrira en grand les voies, pour ne pas dire la voix, de la réussite.
Et pourtant … malgré une méthodologie pouvant avoir un intérêt.
La seule véritable plus value d’être référencé sur tout ou partie de ce panel de pseudo-compétences, sera de garantir l’aptitude à maîtriser le bullshit d’entreprise.
Bullshit, vient de l’américain, est signifie littéralement « merde de taureau ».
Nous pouvons convenir raisonnablement que ce terme a une connotation vulgaire, et que qualifier ainsi les propos de l’interlocuteur est péjoratif.
Toutefois, force est de constater que souvent, en entreprise, les discours tenus relèvent souvent du « baratin ».
Nous permettons ici une nuance plus douce, en bon français.
Notons bien que, dans ce choix, un baratin est similaire (Qui est à peu près semblable) à du bullshit mais en aucun cas équivalent (Qui a la même valeur ou fonction), bien que ces deux mots soient synonymes.
La nuance se situe dans la douceur.
Pour rester dans l’esprit du bullshit, nous aurions pu aussi évoquer la très distinguée « foutaise » ou, plus encore, la très passe-partout « connerie ».
La langue de Molière a le mérite, la réputation, ou l’inconvénient, c’est selon, d’être justement très riche et de permettre de transmettre de nombreuses subtilités dans les échanges verbaux.
Celle de Shakespeare, un peu moins, d’où le choix finalement assez judicieux de « bullshit ».
La maîtrise du bullshit est de l’ordre de la rhétorique, soit l’art de bien parler, alors que la simple application du français relève plutôt de la sémantique, l’étude du sens, de la signification des signes, notamment dans le langage.
Ainsi durant ces formations, des mots basiques sur des concepts très théoriques et rarement applicables exhaustivement en l’état dans l’entreprise, seront répétés dans tous les sens jusqu’à provoquer fortes migraines.
En clair, il s’agit de subir du bullshit durant plusieurs séances avant de passer l’examen suivant le même schéma.
Dès lors, ne serait-il pas plus pertinent de s’assurer du niveau de maîtrise de la langue française de chaque employé(e), avant recrutement, pour gérer un projet ?
Cette remarque vaut comme un pré-requis, fruit du parcours scolaire et éducatif.
Ne devrions nous pas plutôt demander à un(e) potentiel(le) futur(e) employé(e) quels sont ses lectures favorites, et combien de livres sont lus par an, plutôt que d’attendre un des jolis diplômes énumérés en début d’article ?
Bien évidemment, pour citer Steve Jobs, « Cela n’a aucun sens d’embaucher des gens intelligents et de leur dire quoi faire; Nous embauchons des gens intelligents pour qu’ils puissent nous dire quoi faire. ».
Nuance toutefois en citant Steve Jobs, car si celui-ci s’est montré précurseur dans le domaine de l’informatique, son impact sur le monde de la Santé fut beaucoup moins pertinent, surtout vers la fin de sa vie, comme le démontre ce sketch parodique :
🙏🏽 à « On n’demande qu’à en rire » et Arnaud Tsamere.
À chacun son domaine, car à vouloir créer à tout prix des passerelles, on n’aboutit qu’à la mise en évidence d’un manque de nécessité d’outils aussi inutiles que dangereux.
Un recruteur suivant les objectifs définis par la stratégie d’entreprise, la volonté de restreindre ou non le pouvoir de décision, orientera ses recherches vers un type de profil plutôt qu’un autre.
Maintenant, restons très attentifs au sens premier de chaque mot utilisé par un interlocuteur ou une interlocutrice.
Surtout si celui-ci ou celle-ci, après rappel de la définition première d’un mot exprimé à tort, s’offusque d’une pseudo-tendance pointilleuse.
C’est très probablement un ou une adepte du bullshit.
Avec un peu de chance, celui-ci, celle-ci, en est même diplômé(e).