- Référence 👉🏽 Star Trek : Strange New Worlds
Espace.
Frontière finie d’une mission très très locale.
Explorer de nouveaux mondes particulièrement étranges sans chercher à découvrir de nouvelles formes de vie.
Maintenir un modèle de civilisation ancestral.
Et, en méprisant tout autre, sans prendre conscience des dangers, rester immobile.
- Journal de bord intergalactique de l’U.N.I.C. Entreprise.
Rapport du lieutenant-commandeur Spoutch.
Année stellaire deux zéro deux six ✍️
Le Capitaine Speech motive le comité restreint des membres de la passerelle.
« Ne pas se démembrer, et tenir ma barre coûte que coûte. »
L’organisation locale des Fédérations des planètes désunies, Starfeet, vient de nous lâcher, détachant un de ses représentants lumineux en frappant un grand coup à notre porte de derrière.
Après nous avoir envoyé en mission intersidérales aux quatre coins de la galaxie combattre les Cleancools, elle considère nos actions inutiles.
Lors de précédentes interventions publiques, dans le but de protéger les colonies des agissements de vaisseaux pirates, l’équipage de l’un d’entre eux est parvenu, sidéré, à plusieurs reprises et dans un intervalle de temps bien inférieur à l’année lumière, à pénétrer sans difficulté les défenses de l’U.N.I.C. Entreprise.
Les assaillants ont profité des lunchs organisés pour fêter nos réussites.
En toute tranquillité, ils ont pu siroter toutes nos réserves d’énervdonns.
Ils ont ainsi eu largement le temps de prendre un petit café matinal, lire la presse quotidienne, se doucher dans les luxueux quartiers de Speech, appeler tous les membres de leurs familles en PCV.
Ce dernier point a fait bondir la note liée aux frais téléphoniques généraux, et ceci malgré l’accord privilégié forfaitaire signé avec notre opérateur.
L’effraction s’est faite sans bruit, le vacarme de nos applaudissements couvrant les cliquetis au moment du forçage des serrures.
Il est vrai aussi que les cadenas, sensés sécuriser la porte en bois du vaisseau, étaient complètement rouillés.
Nous n’avions jamais pensé que le serrurier n’intervenait plus réellement depuis des siècles.
Les versements mensuels des montants, définis lors de la signature des contrats initiaux, nous suffisaient en tant que preuves du travail accompli.
Avec la lieutenant-commandeur en second, UnDosTres, seul, anticipant les décisions, nous avions pourtant organisés de nombreux séminaires afin de renforcer la cohésion de l’équipage.
Mes amis Vulcons formaient régulièrement les troupes durant des stages commandos très sélectifs.
Parmi les activités retenues, nous pouvons, en exemple, évoquer la résolution du problème du passage d’une rivière fictive.
Celle-ci était matérialisée au sol par un périmètre rectangulaire fait de cordes.
Les organisateurs donnaient aux participants un nombre limité de bouts de carton rectangulaires de petite surface.
Cette surface ne permettait que d’y poser simultanément pas plus d’un ou deux pieds.
La difficulté consistait, en un temps limité d’une heure environ, à faire traverser tout l’équipage d’une rive à l’autre, sans qu’aucun ne puisse mettre un pied dans « l’eau ».
De plus, aucun carton ne devait être mis à « l’eau » sans être en contact simultanément avec au moins un pied d’un des membres de l’équipe.
Lorsqu’un pied touchait « l’eau », la sanction était un retour au point de départ.
Si un carton entrait seul en contact avec « l’eau », il était confisqué pour la suite de l’épreuve.
C’était particulièrement corsé comme exercice.
Personnellement, en fin stratège vulcon que je suis, une fois l’énoncé terminé, j’ai motivé les troupes en jetant un carton à la surface de « l’eau » tout en m’écriant « Allez ! On y va ! ».
Ce qui est également étrange au moment de l’intrusion des Cleancools, c’est que la logistique avait équipé, lors de ces séminaires, tous les membres de l’équipage de parapluies à l’effigie de l’U.N.I.C. Entreprise.
Normalement, chacun et chacune était convenablement protégé des averses lors des sorties dans le vide spatial.
L’indice de protection était maximal quand un spationaute intervenait pour réaliser des réparations de fortune sur la coque endommagée du vaisseau.
Pas besoin également d’activer les champs de force pour absorber d’éventuels tirs ennemis.
L’énergie économisée était redirigée vers les écrans de contrôle affichant les paroles de chants.
Les vocalises devenaient plus claires lors de nos séances récurrentes d’entraînement au karaoké.
De toute façon, il est réglementairement interdit, selon le code de bonnes conduites, de devoir forcer le chant.
Dans la salle des machines, le lieutenant Émerd assurait la maintenance technique.
En cas de coups durs, il connaissait la procédure.
Pour faire avancer l’U.N.I.C. Entreprise, pas besoin de moteur subliminique, ni de mécanisme de distorsion du continuum Espace-Temps, les cales n’avaient pas d’espace suffisant, et l’équipage n’avait jamais le temps pour gérer de tels dispositifs.
De toutes façons, les hangars prévus à cet effet avaient été disposés en dehors du vaisseau.
C’est plus pratique et moins risqué en cas d’incendie.
Non, les techniciens pour faire avancer le tout, utilisaient une technologie nettement plus éprouvée.
Le meilleur moyen de propulsion reste les pelles des pagaies d’aviron, la force des bras, et le fait que tout le monde en soute doit ramer.
Pour tenir physiquement, les soutiers avaient été conditionnés, toujours lors de séminaires, à se nourrir avec tout ce qui était à disposition à proximité des machines.
Cela pouvait aller des insectes à avaler crus les yeux bandés, au smoothie mixé à l’aide d’un vélo d’appartement.
Ils ont l’estomac solide, de forts boyaux.
De quoi faire face à tout enragé ayant l’œil du tigre.
Tout marche pour le mieux, dans le meilleur des mondes.
Autre élément supplémentaire attestant de notre savoir faire, nous n’avons pas d’infirmerie dans l’U.N.I.C. Entreprise, donc pas de médecin ni d’infirmière compétente pour s’assurer des bonnes conditions de travail.
Cela n’est pas absolument pas nécessaire.
Il suffit de renvoyer tout malade potentiel en dehors du giron de Starfeet.
Rien que dernièrement, plusieurs mécaniciens indisciplinés ont été reconduits.
D’aucun prétendait que les vis et boulons permettant l’assemblage de l’U.N.I.C. Entreprise n’étaient pas compatibles entre eux, et ne respectaient pas la réglementation en vigueur à appliquer suivant les directives inscrites dans les manuels de Starfeet.
Un passage préventif en sas de décompression de ces porteurs sains, ainsi que de tous les contaminés potentiels, évite systématiquement toute propagation toxique.
Car ces maladies, quoiqu’on en dise, sont, de base, vénériennes ou vénales.
C’est pour ça que les chambres et couloirs prévus, dessinés initialement sur les plans de l’U.N.I.C. Entreprise, ont été reconvertis pour aménager l’aumônerie, et développer les activités du révérant lieutenant Houra.
Dans ces conditions, la messe est vite dite.
Franchement, avec tout ce qui est en place, je ne comprends vraiment pas pourquoi nous subissons de telles manifestations de défiance.
Les instances fédérales suprêmes ne sont pas en mesure d’évaluer objectivement nos réelles compétences.
Notre sagesse s’étend vers l’infini et au delà.
🙏🏽 P!nk – Just give me a reason