Les émissions culinaires télévisuelles font des cartons d’audience.
Elles mettent en lumière le rude environnement de travail des coulisses de la restauration.
Mais, concernant notre approche et notre rapport à la nourriture, ce dernier est probablement nettement moins impitoyable en regard de comportements révélateurs pratiqués dans certaines entreprises.
Voici par le menu, une base de recettes couramment utilisée par des responsables hiérarchiques particulièrement manipulateurs, pour ne pas dire pervers, afin de renforcer leur influence, leur pouvoir.
- Prendre une réunion en comité, un petit groupe de travail ou un point en tête à tête.
- Prendre une décision à imposer au(x) participant(s), un choix stratégique à orienter, voir une information à soutirer à tout ou partie.
- Assurer vous que tout ceci soit programmé à un horaire favorable :
- Pendant le repas de midi, idéalement,
- Le matin au moment de la prise de fonction, pour le petit déjeuner,
- En fin d’après-midi avant l’horaire limite imposé. Le moins souvent possible tout de même, car la plupart ne souhaite alors qu’une seule chose : quitter son lieu de travail.
- Pendant le repas de midi, idéalement,
- Prévoir un encas assez copieux, une quantité raisonnable de mignardises et autres amuse-bouches (gueules étant trop vulgaire), le tout arrosé de boissons.
Ah ! Les nostalgiques regrettent le bon vieux temps où la consommation d’alcool était autorisée en entreprise …Sniff !
Si, en plus, la description d’un de ces éléments évoque un responsable …
Magnifique !
Ne pas être paranoïaque cependant et se rassurer, le nom de famille Chouquette est très rare et, comme dit, la consommation d’alcool produite artisanalement est interdite.
Aucun risque donc de consommer, à priori, un millésime très, trop local.
- Attendre patiemment que l’assemblée soit correctement repue, pendant au minimum 30 minutes.
- Agiter doucement des idées au hasard, contradictoires de préférence pour alimenter un débat stérile durant tout ce laps de temps. S’assurer de bien gaver le cerveau.
- Enfin, quand la majorité des participants semble à point, annoncer la bonne nouvelle, imposer la décision ou le point de vue et s’assurer d’avoir l’approbation tacite de toutes et tous.
Physiologiquement, l’être humain réfléchit moins bien le ventre plein pour la bonne est simple raison que nous possédons un nerf particulier appelé nerf vagal dont les terminaisons se situent sous l’estomac.
Nous le savons déjà quand nous pratiquons la sieste.
Mais surtout, psychologiquement, socialement et historiquement, nous avons en nous une réticence naturelle à « mordre la main de celui qui nous nourrit ».
En conclusion, ne jamais prendre de décision après restauration, encore plus si celle-ci doit être écrite.