Les émissions culinaires télévisuelles font des cartons d’audience.
Elles mettent en lumière le rude environnement de travail des coulisses de la restauration.
Mais, concernant notre approche et notre rapport à la nourriture, ce dernier est probablement nettement moins impitoyable en regard de comportements révélateurs pratiqués dans certaines entreprises.
Voici par le menu, une base de recettes couramment utilisée par des responsables hiérarchiques particulièrement manipulateurs, pour ne pas dire pervers, afin de renforcer leur influence, leur pouvoir.
Prendre une réunion en comité, un petit groupe de travail ou un point en tête à tête.
Prendre une décision à imposer au(x) participant(s), un choix stratégique à orienter, voir une information à soutirer à tout ou partie.
Assurer vous que tout ceci soit programmé à un horaire favorable :
Pendant le repas de midi, idéalement,
Le matin au moment de la prise de fonction, pour le petit déjeuner,
En fin d’après-midi avant l’horaire limite imposé. Le moins souvent possible tout de même, car la plupart ne souhaite alors qu’une seule chose : quitter son lieu de travail.
Prévoir un encas assez copieux, une quantité raisonnable de mignardises et autres amuse-bouches (gueules étant trop vulgaire), le tout arrosé de boissons.
Si, en plus, la description d’un de ces éléments évoque un responsable …
Magnifique !
Ne pas être paranoïaque cependant et se rassurer, le nom de famille Chouquette est très rare et, comme dit, la consommation d’alcool produite artisanalement est interdite.
Aucun risque donc de consommer, à priori, un millésime très, trop local.
Attendre patiemment que l’assemblée soit correctement repue, pendant au minimum 30 minutes.
Agiter doucement des idées au hasard, contradictoires de préférence pour alimenter un débat stérile durant tout ce laps de temps. S’assurer de bien gaver le cerveau.
Enfin, quand la majorité des participants semble à point, annoncer la bonne nouvelle, imposer la décision ou le point de vue et s’assurer d’avoir l’approbation tacite de toutes et tous.
Physiologiquement, l’être humain réfléchit moins bien le ventre plein pour la bonne est simple raison que nous possédons un nerf particulier appelé nerf vagal dont les terminaisons se situent sous l’estomac.
Nous le savons déjà quand nous pratiquons la sieste.
Mais surtout, psychologiquement, socialement et historiquement, nous avons en nous une réticence naturelle à « mordre la main de celui qui nous nourrit ».
En conclusion, ne jamais prendre de décision après restauration, encore plus si celle-ci doit être écrite.
Alors que la devise de notre république « Liberté, Égalité, Fraternité » est en danger, menacée par des discours haineux, anxiogènes et stigmatisants, le principe même de la Démocratie semble être remis en question.
Dès lors, pourquoi doit-on permettre à l’ensemble des employés de pouvoir s’exprimer librement au sein d’une entreprise ?
Pour beaucoup, l’entreprise est un monde à part, existant en dehors de toute gouvernance étatique, voire de toutes Lois.
Cette vision réductrice est trop souvent à l’origine des plus graves dérives tyranniques et de leurs lots de destructions humaines.
Dans les structures appliquant cette politique managériale, les instances représentatives du personnel y sont trop souvent devenues des organisations fantoches, à l’avis purement consultatif, maintenues artificiellement isolées de toutes influences liées aux partenaires sociaux indépendants, aux collectifs veillant au réel respect des droits des travailleurs, autrement dit des Syndicats.
Le fait qu’une instance représentative puisse avoir un poids dans les décisions d’une entreprise y est passé sous silence.
Les organisations indépendantes sont finalement les seules garantes de cet esprit démocratique.
En ce sens, ses adhérents bénéficient de droits particuliers inscrits dans les textes de Loi.
Elles ont droit à des aménagements spécifiques, horaires et matériels, pour tout ce qui concerne la centralisation des doléances des employés, la diffusion de consignes et autres moyens de communications internes.
Tout engagement pour la cause constitue une liberté individuelle fondamentale.
Toute entrave à celle-ci est sanctionnée.
Par définition, leur organisation interne est démocratique.
Toute prise de décision s’y fait via l’utilisation d’une simple urne et de petits morceaux de papiers.
Principe efficace, rustique certes, mais tellement éprouvé et peu coûteux.
Les choix y sont libres et réfléchis, les débats contradictoires, tolérés et encouragés, l’égalité des temps de paroles respecté.
Aucune décision n’est prise tant qu’elle n’est pas écrite, actée et signée.
Dans ces conditions, une instance de représentation responsable permet aux employés de donner sereinement leurs avis, de s’exprimer librement sur les sujets sensibles de leur quotidien, d’oser dire « non » sans crainte de représailles.
Bref, d’avoir leur chance de s’impliquer, de se motiver, de se sentir valoriser et de contribuer simplement à leur épanouissement personnel car concernés par la vie de ce qui reste leur outil de travail.
Et puis, accorder le droit de paroles à toutes et tous n’est pas antinomique avec une organisation hiérarchique.
Le respect de ses supérieures et supérieurs ne correspond finalement qu’au respect des responsabilités.
Que de bénéfices, et pourtant.
Quand un ressenti d’impuissance dans les activités quotidiennes est maintenu par la force, il en vient mécaniquement à se généraliser dans la manifestation d’une insatisfaction ou d’une indifférence au moment des élections locales ou nationales propres aux pays démocratiques.
Voter est un devoir plus qu’un droit.
Il s’agit là d’un état d’esprit à entretenir et non à apprendre.
En ces temps difficiles où le repli sur soi, le rejet des différences, la stigmatisation systématique apparaît pour beaucoup comme la solution de facilité, nous devons prendre conscience que la diversité et le pluralisme culturels dans nos entreprises sont les seules solutions pouvant nous permettre de nous adapter aux changements et défis à venir pour faire face sereinement à l’incertitude.
Cette diversité est à l’entreprise ce que la biodiversité est à l’environnement (au sens écologique).
Plus un écosystème est riche mais surtout diversifié en espèces, plus il a de chance de résister aux variations soudaines.
Cette réalité s’applique aussi bien en terme génétique (cf. les principes du darwinisme/néo-darwinisme), l’inné, qu’en terme de comportement, l’acquis.
Une soi-disant « tare » d’un jour peut s’avérer être une force le lendemain.
L’un des cas les plus connus est la Drépanocytose (anémie falciforme, maladie génétique héréditaire touchant les globules rouges).
En effet, les individus porteurs de ce gène s’avèrent être bien plus résistants au paludisme que la majorité de la population se trouvant mécaniquement favorisés dans les régions où sévit ce fléau.
Retenons que le brassage est un avantage là où d’autres, dans le passé, n’ont finalement aboutis qu’à l’apparition d’individus véritablement stéréotypés, dégénérés et inadaptés en forçant la sélection.
Quoiqu’il en soit, avoir la chance de posséder un panel de personnalités d’origines, de croyances, de sensibilités différentes permet à l’entreprise de vivre en conservant l’esprit ouvert, de maintenir le dialogue, de confronter les points de vue, mais surtout de douter, de se remettre en question et de bien évoluer, d’aller de l’avant, créer, inventer ou réinventer des solutions simples comme complexes.
Il n’existe pas de petits profits lorsque nous sommes en difficulté.
La France est un magnifique pays situé au cœur de l’Europe, à la croisée des chemins.
Elle a toujours pu bénéficier des avantages apportés par différents mouvements de populations.
Si notre langue, reconnue comme l’une des plus riches au monde, nous permet d’exprimer autant d’idées et d’émotions, nous le devons à celles et ceux qui la maintiennent en vie.
il n’y a pas plus grande force que d’afficher ouvertement ses faiblesses
les leaders font, les autres parlent
l’informatique nuit gravement à la santé aucune machine ne fait pousser les plantes
avec de l’eau et de la chaleur, le pot de terre peut être remodelé avec les mêmes éléments, le pot de fer finit inexorablement par rouiller et termine inévitablement parmi les déchets
Il ne voulait pas les virer lui même, et pourtant de réel plaisir il n’eut point durant une partie de sa vie.
Il résista de façon non violente face à l’apartheid, mais se moquait bien de la couleur de peau, de la langue et des différences de religions.
L’important était pour lui, justement, que chacun et chacune fassent son travail dans la mesure de ses capacités, pour rendre un fier et très grand service à son pays.
Il regardait vers l’avenir, parce que le passé reste le passé.
Il parlait plus souvent de « nous » et très peu de « je », même si il ne s’oubliait pas.
Il n’était pourtant pas tendre avec toutes et tous selon les circonstances, pouvant être dur et parfois très sévère, lorsque les limites de l’acceptable humain étaient dépassées.
Il n’est pas devenu Président de l’Afrique du Sud sans heurt ni colère, mais savait trouver les bons mots au bon moment, se détachant des forces de l’ordre sans pour autant nier leur utilité.
Si la prétention laisse croire que tuer des musulmans, juifs, catholiques, ou autres croyants, mais aussi des personnes se revendiquant de pratiques intimes différentes des nôtres, peut rendre un individu auteur de ces crimes supérieur aux autres, force est de constater que les plus belles réussites ont toujours été réalisées lorsque l’humilité a pu fédérer les peuples.
Notre Nature est menacée, nous feignons l’ignorance.
Les images véhiculées par les médias se succèdent à une telle vitesse que plus rien ne semble y être réel.
Il suffit simplement de sortir de chez soi, marcher, contempler, regarder, prendre son temps, se souvenir d’autres choses que d’un écran pour comprendre.
Constatons par nous même en y mettant tout notre cœur.
« Si vous parlez à un homme dans une langue qu’il comprend, vous parlez à sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, vous parlez à son cœur. »
Vu.
Style de l’article inspiré des créations de 👉🏽 🙏🏽 Zahra CHIKHI
Lorsque Lady Marianne, avec douceur, permet à Robin de libérer son Esprit, elle lui rappelle par là même que voler aux riches ne peut se faire qu’avec Classe, Humour et Poésie, et que la pauvreté n’est pas synonyme de défaut d’argent.
La veuve honore ainsi l’orphelin, percevant et résumant en une simple phrase toutes ses valeurs si chèrement défendues.
Là où Jean s’enterre sous le vacarme des orgues orgueilleuses s’élevant des tréfonds des cathédrales obscurantistes, le sadisme affiché par l’immonde Shérif de Nottingham n’apporte rien de plus que la désolation sur les terres devenues arides du royaume.
Plus rien ni personne ne servira la cause, il n’est donc plus nécessaire de continuer à labourer durement les champs en travailleur impliqué et appliqué, quand d’autres ne font finalement que manger du vent.
Robin s’évade alors de la prison d’apparence dorée, mais qui, en réalité, agit sur lui et tant d’autres Camarades révélés ou non, telle une chape de plomb, nuisant à leur essor et essorant leurs plus beaux rêves personnels et intimes.
L’échappée dans les Bois est belle, Robin distançant inexorablement ses assaillants trop lourdement armés agissant en ordre dispersé comme des poulets sans tête se lançant inévitablement dans la gueule des renards.
Lorsque certaines âmes veulent se prendre pour des Dieux et cherchent à adopter et, surtout, imposer un rôle de sauveur, la damnation devient rapidement éternelle.
La paix n’emplira jamais leur conscience, le tourment bousculera leurs nuits sans étoile, leurs cris se transformeront en Veulement.
Longtemps vivront tous tes doux mots. En toi réside bienveillance, inspirant combattant des maux, luttant face à toutes souffrances. Athènes en tout temps ton berceau.
Bousculant quiétude des cieux, emportant tout en ouragan, Néréide parmi les Dieux, Atlas en paternel Titan, invoquant foudres et tonnerres, submergeant la vie d’émotions, sillons, guides de ta Lumière, attisent ainsi toutes Passions.
C’est le nom que ton pire ennemi choisit qui sera retenu par l’Histoire, mais « Faites attention à qui vous choisissez comme ennemi, car c’est à lui que vous ressemblerez le plus », Friedrich Nietzsche.
Lors d’une réunion du comité de direction à l’Hôpital Pinceton-Néoburo, le Docteur Grégory Mahous (parce qu’il en a gros sur la patate), médecin itinérant rhumatologue du cerveau, exprime son mécontentement devant la Doctoresse Lyra Pascondi (parce qu’elle a beau lire tous les rapports, « On m’a rien dit ! »), doyenne et médecin légiste spécialiste en criminologie.
Son Interne, au sourire oriental et fraichement fiancée, Olie Mori-Caneron, est en Burn-Out après avoir enchainé les nuits de gardes dans les différents services d’Urgences aux quatre coins du Centre Hospitalier Universel (parce que traitant de tout, mais spécialiste en rien).
Dans le département des maladies mal-chanceuses, Numéro 13, la surveillante responsable, alias Rémy Brassdlair, impose à Mori-Caneron, des tâches ingrates aux horaires impossibles.
Elle en vient même à prévenir Mori-Caneron, des prises en charges sensibles de patients gravement atteints, seulement quelques heures avant ses congés réglementaires ou les changements d’équipes, l’obligeant, de fait, à faire des heures supplémentaires très peu déclarées.
Éric Forsmadam, le médecin chef généraliste fortement spécialisé en homéopathie, oralement, n’hésite d’ailleurs pas à rajouter directement des arguments à Brassdlair, pour que Mori-Caneron gère également un gros volume de paperasses administratives en complément.
Tout en indiquant à cette dernière l’exact contraire des instructions fournies initialement à Brassdlair
Quelques mois auparavant, il avait déjà utilisé, avec succès, ce même stratagème au moment du départ de la Doctoresse Franco-Slovaque Morta-Edmée Maitiré, brillante diagnosticienne fraichement sortie major de promotion, et avec le majeur, de l’académie de médecine avec mention « Assistance Nerveuse aux Soins ».
Tout ce tohu-bohu était arrivé jusqu’aux oreilles du Docteur Jamy Wilson (parce qu’il aime biencomprendre le problème avant de le traiter, et qu’il pratique le basket via des ballons portant son nom), chef du département de cancérologie, oncologue chevronné ayant appris le métier au contact des meilleurs.
Le compte rendu transcrit des propos oraux de Mahous ne correspondait pas à ce qui avait été prononcé en réunion du comité.
Si bien que Mahous finit par trébucher après avoir prêté sa canne anglaise à Mori-Caneron.
Cette dernière, encore fragile lors des réunions de service, rechuta pourtant brusquement au milieu de la présentation d’une transmission ciblée.
L’externe Laurent Quefer (parce qu’il n’avait pas été informé des événements et n’avait rien à sa disposition pour appliquer la marche à suivre) fut alors appelé en renfort.
L’entretien au lieu à l’aumônerie de l’Hôpital, sans toutefois la présence de l’aumônier qui avait échoué dans la planification de sa messe du Lundi.
Elle devait absolument être présidée par Wilson dont l’apport était devenu soudainement pressant. Chaste fut donc logiquement dispensé de donner les derniers sacrements à la mourante, comme ce fut la cas auparavant avec Maitiré.
Sa présence était inutile, tant Pascondi était fervente pratiquante.
Elle suggéra à Mori-Caneron, de jeter au rebut tout le volume de matériel dédié aux blocs opératoires sans le déballer, afin de le stériliser définitivement.
Plus de 2000 pièces à traiter, sans même envisager un possible recyclage.
Quel gâchis !
Les finances étaient d’apparence florissante, même si d’indemnisation des heures sups, il ne fut point question.
Le point portant sur le gaspillage des ressources vitales à toutes prises en charge médicale provoqua le seul grand dam de Wilson.
En effet, il conservait toujours précieusement toutes les prescriptions médicamenteuses savamment rédigées dans son ordonnancier, convenablement soigné, trié et enfermé à double tour dans son armoire à pharmacie.
Il était de nature prudente en ce qui concerne le parcours de soin de patient atteint de maladie chronique en phase aiguë.
Il s’appuyait toujours sur les interfaces de contrôle d’interactions médicamenteuses disponibles en ligne avant de valider tout traitement, parcourant à chaque fois tous les risques encourus ainsi que les effets secondaires observables.
La bibliothèque de son bureau lui permettait également d’avoir toujours à porté de main le bon ouvrage médical, référençant ainsi tout le spectre des possibles correspondances avec les symptômes d’une maladie rare à traiter.
Surtout, après chaque consultation, il n’hésitait pas à demander d’autres avis auprès de confrères plus chevronnés et compétents dans leur domaine d’intervention, et ceci malgré sa spécialité particulière reconnue de longue date.
Bref, bien que les opiacés soient susceptibles de soulager les douleurs dans certaines circonstances, il n’était pas du genre à en faire un usage récréatif.
Il conserva donc mécaniquement les traces écrites, immortalisant ce moment, dont bien évidement le témoignage de Mori-Caneron, transmis à Pascondi.
Car dans cette Maison des Docteurs, tout comme dans la série s’en inspirant, tous les grands malades mentent … sauf les TDC (parce que Thérapeutes Diplômés en Coloscopie).
Le Happy-End eut lieu.
Mahous modifia l’orthographe de son nom en Mouse (parce qu’il finit par décrocher un sourire digne de la souris du même nom), Mori-Caneron, devint Madame Viva-Lapetite (parce qu’ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants).
Seul Wilson ne changea pas, continuant à enchainer les paniers.
Quant aux autres, ils rencontrèrent véritablement la Doctoresse Jessica Adams, dans la prison où le Docteur House était détenu en saison 8, lors d’un Crossover entre ces deux séries télévisées hospitalières.
L’épisode assura un carton d’audience au moment de sa diffusion.
Le commandant Philipps m’a convaincu de m’enrôler volontairement dans cette mission.
Le poste semble intéressant.
Le premier déplacement d’hier était très positif.
À mon arrivée au QG, Johnson m’a bien briefée sur la discipline à suivre au sein du régiment.
Pourtant, en ce deuxième jour, je sens que j’ai mis les pieds dans quelque chose d’étrange.
Les locaux de ma section de rattachement sont vide.
Personne pour m’accueillir.
Pas une âme qui vive à l’horizon dans ce bâtiment en équerre.
Le chauffage est défaillant.
Aucune idée de qui contacter pour effectuer les réparations.
Rien ne s’anime sur le logiciel de discussion interne.
Aucune étoile visible à travers le feuillage.
Le point en visio de fin de journée, programmé avec Philipps, se fait en manteau polaire.
Je n’ose croire que l’entreprise soit à ce point en faute. Si tôt ?
Clés et passe m’ont été donnés en avance, visiblement à la va-vite, ainsi que mon ordinateur de fonction.
Le lieutenant Kilgore me l’a remis furtivement en main propre, la veille, quand Johnson me faisait faire le tour de la zone 51.
Il est neuf mais déjà cabossé.
Sans être responsable de quoi que ce soit, je vais déjà devoir justifier le caractère défectueux de mon matériel.
Jour 4
Hicks, ma future coéquipière désignée, prend l’initiative du premier contact.
Toujours par grand froid, elle apporte rapidement un peu de chaleur et un grand sourire.
Quel dynamisme !
Surprenante et attachante pour une bleue envoyée au front.
L’envie de la côtoyer en dehors des écrans, dans le but de faire avancer nos projets communs, va de soi.
Au sein de la section, Miller a fait son apparition.
Il est sympa et m’apporte de très bons conseils et explications.
Tout comme Colby, drôle et bien intentionnée, elle partage mon bureau … et son ressenti sur sa belle-mère.
Cependant, toujours aucun haut gradé responsable de services en vue.
Y compris pour celui des humains.
Philipps applique consciencieusement les consignes.
Depuis le début, chaque soir, il continue de me fournir, au fur et à mesure et logiquement, tous les détails ayant rapport avec mes objectifs.
Un accompagnement sage, dans le respect le plus strict d’un nouvel arrivant.
Semaine 3
Enfin de l’action dans la glacière qui nous sert de bureaux.
Une réunion QVT en présence de plusieurs autres collègues que je découvre avec plaisir, sous le regard bienveillant d’une psychologue du travail.
Dans ce type de circonstances, à chaque fois, le but recherché reste de libérer la parole des participants.
Dans le cas présent, cela se fait à l’aide d’étiquettes symbolisant des émojis.
Pourquoi ma présence est-elle requise ? Avec si peu de recul, comment puis-je me faire une opinion pertinente ?
Durant ce passage au confessionnal collectif, des noms et des tendances reflétant certains comportements sont évoqués.
Difficile cependant d’y dégager le vrai du faux.
Les formulaires d’enrôlement dans la division armée, que les RH demandent de remplir après quelques jours, étaient aussi vide d’intérêt.
Peut-être est-ce dans le but de rassurer la hiérarchie sur le fait que tout va bien.
Aurais-je du y évoquer mes débuts glaciaux ?
Évitons de se faire refroidir inutilement.
De toute façon, j’en ai parlé au général Corman de la division RH.
Elle m’a confirmée oralement qu’il s’agissait d’un loupé.
Je pense que la direction est un minimum sérieuse, qu’elle tient compte de ses erreurs.
Étrange mon déplacement au régiment d’infanterie 54 où est rattachée Hicks.
Maintenant que je suis physiquement devant elle, son regard est vitreux, parfois perdu.
Ses mains tremblent frénétiquement.
Il se dégage d’elle une tension palpable dont je ne m’explique pas l’origine.
Elle navigue entre les excès d’enthousiasme et les critiques déconvenues.
Je fais connaissance avec le colonel Kurtz.
Pourquoi me prend-il à l’écart dans cette salle de réunion devenue soudainement vide après le départ express des autres conviés ? Pourquoi me fait-il des confidences sur tous les membres de la garnison ? Comment peut-il affirmer qu’une telle personne ne comprend rien à rien ?
J’ai à peine eu le temps d’échanger avec son pendant hiérarchique, et je ne peux pas dire, comme il prétend, que ce n’est qu’un commercial.
…
Et voilà qu’il m’explique que Hicks est une poly-traumatisée du champ de bataille.
Qu’est-ce qui lui fait croire que nous avons eu une si mauvaise première impression ? Est-il au courant de nos précédents échanges en distanciel ?
En particulier de son accroche formidable, le 4ème jour.
Bref, mon 6ème sens va devoir se mettre en veille.
Mois 2
Hicks est de plus en plus désemparée. Philipps en a également la charge, mais plus rien ne semble aller convenablement. Corman et le comité ont décidé de le décharger de ses fonctions.
Il ne s’occupera plus ni d’elle ni de moi.
Mince ! C’était pourtant lui qui m’avait recruté.
Et nous n’avons jamais pu véritablement travailler convenablement ensemble, Hicks et moi.
À chaque occasion, une excuse, venue de je ne sais où, faisait son apparition.
Kilgore est promu, et prend la suite de Philipps.
Il a pour consigne de s’employer à veiller à ce que les ordres soient respectés.
Du coup, je n’ai plus du tout de retour sur les attendus de ma mission principale.
Plus de mise en contact avec des interlocuteurs connus et référencés, comme c’était le cas avec Philipps.
Visiblement, cela convient à tout le monde que je sois en solitaire à la barre sur des sujets très stratégiques et sensibles.
Mois 4
Hicks doit être remplacée.
Sous anxiolytique, elle cumule les arrêts de travail.
Un mercenaire russe, le soldat Popof, est recruté en urgence. Colby est éjectée sans sommation de mon bureau avec toutes ses affaires pour faire place nette.
Avec la franchise d’un dirigeant soviétique durant la guerre froide, Popof s’applique à semer la zizanie dans toute la garnison.
Il n’hésite pas à envoyer au goulag toutes les bonnes intentions des membres du régiment, spécialement celles de Hicks.
Comme il promet monts et merveilles, tout l’establishment est à ses bottes.
Même si dans les faits, il est incapable d’être autonome dans ses démarches, de mettre ne serait-ce qu’un pied devant l’autre sans trébucher lourdement dans « ses » (?) comptes-rendus ou consignes, martyrisant au passage le sens et la forme de ses propos tapés au clavier.
Le vent, à partir du moment où il souffle dans le sens désiré, semble très apprécié en interne …
Peu importe finalement si celui-ci envoie, selon mon expérience passée, inévitablement le navire vers les récifs les plus dangereux.
Mois 5
Depuis le quartier général, il a été décrété que Hicks doit être purement et simplement éliminée.
Elle est trop encombrante.
Plus encore à cause de son importante cote de popularité, son franc parlé loué par beaucoup, et son implication certaine dans de nombreux projets.
Corman est mise au fait de sa dépendance médicamenteuse.
Je constate aussi, qu’il ne faut surtout pas que l’on apprenne que Hicks a permis l’amélioration nette du projet phare de par ses initiatives courageuses et audacieuses.
La réputation de la Kommandantur est en jeu.
Il est hors de question que le mérite en revienne à une bleusaille.
À coup d’éléments de langage, d’organisation habile de séminaires d’entreprise aussi débiles qu’inutiles, et profitant des vacances estivales, l’affaire est réglée en toute discrétion par l’intermédiaire d’avocats.
Mois 8
J’ai eu beau devoir me débrouiller seul, réussir à négocier avec succès l’importance stratégique des moyens de communication en lien avec le centre de commandement de l’armée fédérale, et au passage gagner de belles avancées sur le front commun, Kilgore ne supporte aucune contradiction.
Mes réserves écrites durant les points intermédiaires de fixation des objectifs sont vaines.
Je dois suivre l’exemple de Popof et absolument marcher dans ces pas.
Il sacque mes indices à la manière d’un sergent mal dégrossi sorti tout droit de Full Metal Jacket.
À partir de maintenant, je dois conserver précieusement un maximum de traces écrites, le tout orné évidement de signatures.
En particulier tout ce qui se rapporte à des échanges hiérarchiques en lien avec Kurtz, par courriels ou autres.
Corman reste passive.
Les bruits de couloir sous-entendent qu’elle n’est au courant de rien. Comment est-ce possible ?
Il y a forcément des informations et liens de causes à effets que j’ignore. Qui est au courant de quoi ?
Popof n’a pas droit au même traitement de faveur que Hicks.
Il bénéficie d’une très avantageuse rupture conventionnelle.
Après tout, ses pratiques douteuses correspondent plus à l’état d’esprit visiblement recherché.
Ainsi débute ma navigation infernale sur les différents cours d’eau des enfers.
Elle sera tumultueuse tout au long du haineux fleuve Styx.
Je devrai veiller à ne pas m’embourber dans le vaste marais sans vent, au relent d’odeurs nauséabondes et d’idées aussi putrides que malveillantes.
Je vais devoir supporter les pensées les plus lamentables au Cocyte, résister aux tentatives de noyade dans l’oubli du Léthé, et observer le défilé des âmes en peine de l’Achéron.
Le tout finira inévitablement pas s’enflammer au Phlégéthon.
Bien plus de deux pièces seront nécessaires pour satisfaire Charon, le passeur de l’embarcation qui mènera tous ces démons à destination, vers leurs geôles finales respectives.
Note de l’auteur
Le mot « apocalypse » signifie en grec ancien « dévoilement », religieusement « révélation ».
Les siècles d’obscurantisme, qui suivirent la fin de l’essor de la civilisation grecque, détournèrent sa signification première pour en faire un synonyme de « destruction » en lien avec la fin du monde.
Les lecteurs de cet article comprendront très bien la définition retenue …
Et parce que terminer sur une note positive est toujours signe d’une démarche constructive 👍🏽
Ce matin, en me levant, la joie s’empare de moi ( ̄▽ ̄)ノ 😁
Après avoir subi trop de mauvaises fois ces dernières nuits (✖╭╮✖) 🌚,
j’avance maintenant tranquillement dans la vie (・ェ-) 👍🏽
Face à tant de paroles incompréhensibles (☉ε ⊙ノ)ノ 🤪,
je me réjouis d’avoir eu la lucidité de bien me couvrir (*_*) 🥶,
et surtout d’avoir su faire la distinction entre compromis et compromission en refusant d’écouter tous ces « beaux » parleurs ( ͡° ͜ʖ ͡°) 🤚🏽
Je suis votre G.O.E., Gentil Organisateur d’Entreprise !
Je vous ai apporté du soleil dans mes bagages !
Je viens d’être recruté pour être votre nouveau numéro 2 !
Je prends la suite de l’ancien numéro 2 qui est passé numéro 1.
L’ex « Number One » en avait assez de prendre le Soleil.
Il était tout flétri à force de se barbouiller d’auto-bronzant.
Tellement, qu’il aurait pu faire de l’ombre à un certain golfeur blondinet célèbre sur les greens de Mar-a-Lago.
Et puis, comme il avait pas les moyens d’investir ses francs en Floride, il a préféré la Suisse pour y planquer son blé.
Sinon, je vous préviens tout de suite, j’ai une grave phobie administrative.
Hors de question d’écrire quoique ce soit !
Je ne fais que des petits dessins sur des bouts de papier volant pendant que vous parlez.
Moi, dans une boite comme ça, je pourrais rester assis des heures sans parler, juste à contempler les autres qui bossent.
Et à la Noël, c’est ma secrétaire qui passe les commandes de cadeaux.
Là, je lui ai donné mes instructions pour recevoir un casque à réduction sonore dernier cri.
Il faut bien ça, avec tout le bruit qui vient du bureau du numéro 1 juste à côté.
Quand les gens viennent s’y plaindre, c’est toujours le même timbre de sa voix qui s’élève.
Ça me fait mal à mes pauvres petites oreilles toutes fragiles.
Mais ça va, il assure grave quand même pendant les réunions avec les clients.
Ses petites mains font la présentation, et lui, il n’utilise que les siennes pour taper sur son gros clavier, sans jamais lever la tête de l’écran.
Dès qu’il entend « Hop ! Hop ! Hop ! », il intervient, se relève avec droiture, et s’exclame fermement « Je m’engage ! ».
Sa secrétaire a bien pigé le truc.
Quand elle prend des notes particulières dans son bureau, qu’il est bien concentré, elle se la joueSharon Stone dans Basic Instinct, et d’un coup : « Hop ! Hop ! Hop ! »
Elle a bien fait de devenir responsable des ressources humaines.
Elle comprend très très bien la vraie nature de l’homme.
Bon alors, pour les prochains points sérieux, attention !
C’est moi qui apporte les bières !